Des téléspectateurs coincés à la maison à cause du Covid-19, des chef.fe.s aux personnalités affirmées, des épreuves audacieuses : la 11e saison de Top Chef a connu un véritable succès cette année et des scores d'audiences au plus haut depuis sept ans.

David Gallienne et Adrien Cachot, les deux finalistes de Top Chef saison 11.
David Gallienne et Adrien Cachot, les deux finalistes de Top Chef saison 11. © Marie Etchegoyen / M6

On peut le dire, les téléspectateurs n'ont pas lâché le morceau cette année. Plus encore que les saisons précédentes, le concours culinaire télévisé a battu des records en série pour cette onzième édition. Top Chef, un véritable rendez-vous pour les fines gueules, gourmets et tous ceux qui aiment la bonne cuisine, qui a réuni en moyenne quatre millions de téléspectateurs chaque mercredi soir depuis fin février (contre trois l'an dernier), captant ainsi une part d'audience générale de 16%, un sommet depuis sept ans.

Un concept, aussi, qui a su évoluer avec son temps et s'adapter, plus récemment, aux contraintes imposées par le Covid-19. Tandis que M6 diffuse mercredi soir la finale, dernier épisode au terme de 13 semaines, voici cinq raisons qui font que cette émission phare de la Six a cartonné.

Le confinement a aidé (pour les audiences)

Le confinement a clairement boosté les audiences. Il a même "beaucoup joué" reconnaît la productrice de l'émission, Florence Duhayot. Précisément, l'émission a encore mieux marché auprès des "femmes responsables des achats de moins de 50 ans" (celles que l'on appelait avant les "ménagères" dans le jargon télé, 26% d'entre elles) et des actifs, cibles privilégiées de la chaîne.

Les Françaises et les Français sont d'ailleurs nombreux à s'être mis à la cuisine pendant cette période. "On a retrouvé le goût de la cuisine et la nécessité de cuisiner", estime le présentateur de l'émission, Stephane Rottenberg. "Toutes les émissions de cuisine ont très bien marché." Et ce malgré des épisodes remaniés, redécoupés et rallongés, parfois à outrance, pour permettre à l'émission de tenir plus longtemps que d'habitude (18 épisodes produits cette saison, contre 14 l'an dernier).

Si le tournage avait pu être bouclé juste avant la période de confinement, cela n'a en revanche pas facilité la post-production de l'émission car une grosse partie du montage a du être réalisée en télétravail. Toute l'émission tournée sauf, évidemment, la séquence ultime, "cérémonie des couteaux" durant laquelle le nom du grand vainqueur (un des secrets les mieux gardés du PAF), est révélé. Cette séquence, toujours filmée peu de temps avant la diffusion, pour éviter les fuites, sera un peu moins chaleureuse cette année, du fait de la distanciation physique qui limitera les effusions.

Des personnalités affirmées

Rien qu'à citer les trois demi-finalistes, on comprend pourquoi le casting de Top Chef 2020 était réussi : Mallory, le jeune Belge drôle et plein d'énergie (éliminé la semaine dernière), Adrien, la force tranquille qui aime mettre en avant les produits oubliés ou mal aimés et David, l'écolo plus installé et déjà étoilé. Adrien et David qui devront s'affronter mercredi soir dans un duel inédit, "une très belle finale" avec "plein de rebondissements" selon M6. 

Un bémol, toutefois : un casting, tant côté candidats qu'invités, toujours (très) masculin, dans un secteur lui-même encore largement dominé par les hommes. Il n'y a plus de femmes en compétition depuis le huitième épisode de cette saison. 

Épreuves prestigieuses et audacieuses 

"Cette saison, il avait été demandé aux candidats d'aller dans l'audace, de faire peut-être moins de viandes, plus de légumes. On essaie de coller à l'air du temps et ça a plu au public", juge Stephane Rottenberg, interrogé par France Inter. "C'était la saison de tous les paris", confirme Florence Duhayot. Outre un changement au jury (Paul Pairet, chef du restaurant triplement étoilé Ultraviolet à Shangaï, a succédé à Jean-François Piège), Top Chef a misé sur "des chefs qui renouvellent la cuisine et surprennent", et "on a mis en avant l'écologie et la sauvegarde de la planète".

Les chef.fe.s invités étaient tout aussi prestigieux, avec notamment le chef pâtissier doublement étoilé Sébastien Vauxion, qui a créé un restaurant gastronomique de desserts, la Française Stéphanie Le Quellec (deux étoiles au Michelin), ou le chef du meilleur restaurant au monde à Menton, Mauro Colagreco.

Un œil dans les coulisses 

C'était une nouveauté dans la réalisation que les téléspectateurs ont peut-être remarqué, une astuce qui a apporté un peu de "vrai" dans les épisodes. Régulièrement, le montage intégrait des images des coulisses des tournages des épreuves. "L’idée était de capturer des moments authentiques, au naturel. Ces images-là n’étaient pas du tout produites et très souvent imprévues", explique au HuffPost Virginie Dhers, productrice artistique au Studio 89 qui réalise Top Chef.

Ces images ont aussi permis de mettre en avant l'équipe technique de l'émission, qui œuvre pour filmer les prouesses culinaires des candidats. "On souhaite montrer l’importance du staff, qu’il n’y a pas que les candidats et les chefs sur le plateau. Cela passe par des diffusions de moments où l’on peut voir un cameraman demander à un candidat de se placer à tel ou tel endroit, mais aussi l’équipe de remplissage qui vient fournir les réfrigérateurs, les cadreurs, et bien d’autres personnes." 

On a aussi vu les chef.fe.s partout ailleurs  

Dernière raison, enfin, la médiatisation de trois des jurés de l'émission : ces derniers mois, Hélène Darroze, Philippe Etchebest et Michel Sarran se sont fait porte-voix dans les médias d'un secteur, la restauration, durement touché par les mesures de confinement. Allant parfois jusqu'à pousser des coups de gueule sur les réseaux sociaux ou à s'entretenir avec le chef de l'État

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