Ardent défenseur de la conservation du paysage et de la protection de l’environnement, un éleveur de bisons, également professeur de littérature, fait le récit de son entreprise bâtie sur le respect absolu de la nature. Dans Wild Idea , Dan O'Brien partage une expérience captivante dans les Grandes Plaines du Dakota du Sud. Il est invité au Festival Etonnants Voyageurs. A déguster sans attendre, sauf si vous êtes résolument végétarien.

 Wild Idea O'BRIEN, DAN
Wild Idea O'BRIEN, DAN © AU DIABLE VAUVERT

Sa vie pourrait s’apparenter à l’écosystème du bien-être : niché au milieu d’un écrin de verdure du grand ouest américain, à l’air pur, installé dans son ranch entouré de ceux qu’il aime, savourant un délicieux repas. Mais pour parvenir à cet art de vivre, Dan O’Brien a tout d’abord affirmé ses convictions et ses aspirations écologiques . Selon ses principes, il faut recréer de la biodiversité pour produire une viande 100% bio, aux antipodes de la production de masse issue des parcs d’engraissement, des hormones, des antibiotiques et du stress.

A l’origine biologiste, Dan nourrit à l’occasion d’une mission ornithologique le projet de réintroduire des espèces menacées au sein de l’écosystème des Grandes Plaines . Spécialiste de la fauconnerie, il songe au sort des bisons massacrés au cours du dix-neuvième siècle, « par goût du sport, pour certaines parties de leur corps, ou dans le but de décimer les indiens ». A peine un millier en réchappera. « J’ai su qu’il y aurait dans mon avenir au moins une tentative de rétablir l’équilibre des Grandes Plaines. Et que les bisons en feraient partie ».

L’idée ne va cesser de grandir, que ce soit au contact des indiens Lakota dont la sagesse vis- vis des bisons va l’inspirer - « ils nous donnent tout ce dont nous avons besoin pour être riches » - ou de sa future femme, Jill, dont les talents culinaires lui serviront à développer un concept agroalimentaire version gastronomique. Et même si l’objectif est de vendre une viande de première qualité, il s’agit bel et bien d’œuvrer dans le respect profond de la nature.

Pour parvenir à cette vision idéale de l’élevage et de la distribution, il faut savoir aussi endurer la rudesse des Grandes Plaines, dépendre des aléas climatiques et d’une faune souvent indomptable. Cette nature âpre et exigeante, théâtre des plus belles émotions, nécessite une force de caractère et une foi indéboulonnables.

Curieusement, le contact de cette vie sauvage incite Dan à sortir d’une certaine forme d’isolement. « Je me suis soudain rendu compte qu’en choisissant une vie différente, j’étais passé à côté de beaucoup de choses ». Sa rencontre avec Jill et sa fille Jilian vont bouleverser ses habitudes solitaires et éveiller en lui la posture d’un chef de famille. Voire d’un chef de clan quand, au fur et à mesure que l’entreprise se développe, de nouvelles recrues viennent gonfler les rangs de son entourage.

Sans tambour, ni trompette, la Wild Idea fait son chemin et attire de nouveaux investisseurs. Dan fait alors le pari de la croissance raisonnée, reconnaissant que« le seul sauveur du monde sauvage ne pourrait être que son vieil ennemi juré ». A savoir, l’argent. Même si les efforts consentis sur le terrain ne garantissent en rien une source de grands profits ni de revenus stables, l’entreprise doit évoluer et maintenir un équilibre financier pour assurer sa pérennité.

L’enrichissement est ailleurs, il suffit d’observer la Prairie, contempler les grands espaces, sa faune et sa végétation sans oublier de cerner ce monde moderne connecté auquel Dan et sa famille se sont raccordés pour valoriser leurs activités. La suite de l’aventure est d’ailleurs visible sur le site de la Wild Idea où l’on peut apprécier les recettes de cuisine de Jill, les superbes paysages des Grandes Plaines et les bisons paissant dans les hautes herbes.

Wild Idea de Dan O’Brien (Au Diable Vauvert)

Traduit de l’anglais (américain) par Walter Gripp.

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