Wonderland
Wonderland © Yi-Chun Wu

Chorégraphie, direction artistique Andrea MillerAvec les danseurs de Gallim Dance Brillante chorégraphe de cette jeune compagnie new-yorkaise, Andrea Miller développe un univers puissant et d’une grande beauté, servi par une troupe d’interprètes virtuoses. Pour la première fois en France. Le risque et la virtuosité sont une seconde nature pour la compagnie Gallim Dance. Cette communauté d’artistes fondée à New York en 2007 par Andrea Miller a investi le mouvement du côté de sa viscéralgie et de son imaginaire . Il y a de la joie, de l’humour et de la poésie dans la planète Wonderland. Les danseurs, légèrement vêtus d’étoffe grisée près du corps, portant d’étranges collants, maillots et bonnets, semblent tout droit sortis d’un film de science-fiction. Leurs gestes déliés, la charnelle sensualité de leur danse, leurs déplacements fluides composent des formes sculpturales dans l’espace. Telle une tribu futuriste, ils se regroupent et se détachent sans heurts, et semblent voguer sur le sol vert qui accueille leurs pas. L’expérience humaine, la singularité des interprètes, l’exploration des matériaux, tout autant que la relation du corps à l’espace ou aux objets, font partie du processus de création que la chorégraphe met en place avec ses danseurs, à la recherche d’un univers commun. Les investigations personnelles et la créativité de chacun tiennent une place prépondérante dans les pièces de la compagnie Gallim Dance. Andrea Miller travaille sur les textures, le matériel dansé que ses recherches font apparaitre. Curieuse de comprendre les capacités du corps, elle en explore les multiples possibilités, de l’anatomie à l’instinct en passant par le rapport aux évènements extérieurs, à l’environnement. Ainsi Wonderland, teinté de fantaisie, fait son show. Quelque part entre les ballets d’Esther Williams et les fictions technologiques d’aujourd’hui.Irène Filibert

Wonderland
Wonderland © Christopher Duggan

Entretien avec Andrea Miller

Andrea Miller, vous avez été formée à la tradition de la danse moderne américaine. Cet héritage continue-t-il de vous inspirer ?Andrea Miller : J’ai eu une formation un peu singulière, enfant et adolescente ; jusqu’à mon entrée à la Juilliard School, je n’ai dansé que des pièces créées entre 1900 et 1950 ! Il a ensuite été pour moi très bizarre – et passionnant – de découvrir d’autres formes de danse. De ma formation aux techniques des grands chorégraphes modernes – Humphrey, Limón, Weidman, Graham – je retiens sans doute moins, aujourd’hui, un vocabulaire de mouvement qu’un intérêt fondamental pour l’humain. C’est peut-être pour cela que mon travail est moins conceptuel que viscéral…

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Wonderland © Yi-Chun Wu
**Et de vos années en Israël, où vous avez travaillé au Batsheva Ensemble avec Ohad Naharin,que retenez-vous ?** **A. M** . : L’immense intérêt de voir un chorégraphe travailler, approfondir l’expérience du mouvement, transformer quotidiennement sa pratique… Et la liberté donnée à chaque artiste, au sein de sa compagnie, de faire ses choix. C’est dans ce cadre que la chorégraphie, qui était déjà une passion pour moi, s’est avérée essentielle.**Que représente Wonderland dans ce parcours ?** **A. M.** : Cette pièce est inspirée d’une oeuvre du plasticien Cai Guoqiang, qui met en scène une meute de loups. Nous travaillons sur l’idée de horde : au sein d’un groupe, nos décisions ne se prennent pas de la même façon, le rapport au bien et au mal est très différent – voire dangereux. C’est une création qui a été brutale, et qui m’amène encore, trois ans après sa création, à des remises en question tant personnelles que politiques : peut-on trouver une façon d’appartenir à une communauté sur un mode constructif ? Où suis-je en tant qu’individu, en tant que membre d’un groupe, en tant qu’Américaine…?_Gwenola David, entretien réalisé pour La Terrasse, Juin 2013_
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Wonderland © Yi-Chun Wu
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