Yann Moix observe qu'aujourd'hui, surtout chez les ados, c'est la fiction qui crédibilise la réalité - et que le groupe Etat Islamique l'a compris et l'utilise dans sa propagande…

Yann Moix au micro de Sonia Devillers dans l'Instant M, le 14 juin 2017 (capture d'écran tirée de la vidéo de l'émission)
Yann Moix au micro de Sonia Devillers dans l'Instant M, le 14 juin 2017 (capture d'écran tirée de la vidéo de l'émission) © Radio France

Dans L’Instant M, l'émission consacrée aux médias sur France Inter, Sonia Devillers a reçu le chroniqueur et écrivain Yann Moix. Il y a évoqué les changements profonds qu'il a observé ces derniers mois dans les traitements médiatiques des attentats. Au-delà, il pointe aussi du doigt combien les attentats ont modifié profondément notre façon d'interpréter le traitement des images - et cela, notamment chez les jeunes...

Yann Moix commence par un rappel historique : “Lorsque les Nazis voulaient faire de la propagande, ils montraient des images réalistes, et ils mentaient : ce qu’on voyait sur les images étaient le contraire de la réalité”. Les images servaient à masquer, déguiser la barbarie.

Yann Moix poursuit : "Daesh a compris que la propagande était au service de ce qu’on faisait vraiment sur le terrain - on décapite vraiment. Ils ont compris que nos jeunes considèrent que des images qui ont l’air vraies sont en réalité fausses" : les images d’un homme qui a marché sur la Lune sont tellement réalistes que c’est la preuve que personne n’a marché sur la Lune.

Selon Yann Moix, pour que les adolescents pensent qu'un événement a vraiment eu lieu, il faut injecter un peu de fiction : mettre des plans de coupe, des effets spéciaux, faire en sorte que ça ressemble aux films d’action hollywoodiens.

Il y a une inversion des valeurs cinématographiques chez les adolescents qui vont sur internet : la fiction n’est plus une vérité de substitution mais une vérité de confirmation. C'est la fiction qui valide la réalité.

L’horreur quotidienne et banale des journaux télévisés a été remplacée peu à peu par le divertissement :

Le passage par l’imaginaire est devenu la seule façon de montrer.

Regardez l'entretien de Yann Moix au micro de Sonia Devillers dans son intégralité :

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.