Yuval Noah Harari est un historien et philosophe israélien. Il est est sans doute l'un des plus grands vendeurs de livres aujourd'hui, puisque son livre "Sapiens" s'est écoulé à 12 millions d'exemplaires dans le monde. C'est aussi l'homme qui murmure à l'oreille d'Emmanuel Macron, de Bill Gates, etc.

Yuval Noah Harari (janvier 2020)
Yuval Noah Harari (janvier 2020) © AFP / KRISTOF VAN ACCOM / BELGA MAG / Belga

Chaque vendredi pendant l'été, Joseph Ghosn, directeur de la rédaction de Vanity Fair, intervient dans l'émission animée par Dorothée Barba, L'été comme jamais.

Son histoire est un peu un conte de fées

Il a une jeunesse assez turbulente entre Israël et Londres, où il fait ses études. Il découvre sa sexualité, se lance dans les clubs, fait beaucoup la fête, etc. On dit quand même que c'est quelqu'un d'assez doué, ses profs le poussent. Et il devient professeur d'histoire.

Il se rend compte que, pour faire son cours, il a besoin d'attirer un peu l'attention de ses élèves et il se met à faire un cours un peu sous la forme d'un roman, d'une fiction. Ses cours deviennent un livre. 

Au départ, ça n'a pas beaucoup de succès, mais il se trouve qu'il a un mari qui est une sorte de manager, un peu à poigne, très efficace, qui met en scène ce livre et cela devient un vrai best-seller partout dans le monde. 

"Sapiens", un carton mondial

Sapiens, une brève histoire de l'humanité est un livre qui parle d'évolution de l'espèce, d'agriculture, d'économie. Un ouvrage qui se veut total et qui a rencontré, très vite, une énorme renommée.

Ce qui est intéressant, c'est que finalement, le livre a eu une renommée un peu malgré lui ou, disons, un peu contre les méthodes traditionnelles. Personne n'y a vraiment fait attention : les historiens ne l'ont pas lu, les critiques littéraires non plus... Le livre est passé par toutes les failles. 

Et Barack Obama le lit, en fait la publicité (lors d'une interview, il en a comparé la lecture à la visite des pyramides d'Égypte : l'un des moments marquants de sa vie). Bill Gates aussi. Et, très vite, Yuval Noah Harari se retrouve à la tête d'une vraie petite industrie (et donc, 12 millions d'exemplaires vendus à ce jour)

Yuval Noah Harari, un gourou ?

Yuval Noah Harari a cet art d'injecter du suspense dans son récit historique. Ce qui est intéressant, c'est qu'il peut avoir la forme d'un gourou puisqu'il fait des conférences de 24 minutes payées 300 000 dollars en Russie. Donc on voit bien la petite industrie, la petite entreprise derrière. 

Ensuite, ce qui est aussi intéressant, c'est que lui, finalement, ne prend aucune position. Il reste dans un rôle assez neutre, même quand il fait des conférences chez les chefs d'État. Il dit "Regardez l'état de la planète", mais il ne dit jamais quoi faire - sauf pendant le confinement : pour le Financial Times, il a fait une tribune sur le fait que ce qui était en train de se passer va sans doute être une atteinte aux libertés. C'était la première fois qu'il prenait vraiment position contre contre quelque chose. 

Lorsque Mark Zuckerberg ou Emmanuel Macron le questionnent, il écoute attentivement, réfléchit et répond sur des sujets aussi divers que l'homme de Néandertal, les voitures sans chauffeur ou le dernier épisode de Game of Thrones. Il a un avis sur tout - et aussi un art de l'évitement assez fort.

Aller plus loin

LIRE | l'article dans Vanity Fair consacré à Yuval Noah Harari : L'ivre d'histoire

LIRE | les livres de Yuval Noah Harari édités chez Albin Michel : Sapiens, une brève histoire de l'humanité ou encore Homo deus, une brève histoire de l'avenir

ECOUTER | Yuval Noah Harari était l'invité d'Augustin Trapenard dans Boomerang en décembre 2018, écoutez-le

ECOUTER | Après "Sapiens", Yuval Noah Harari a écrit un deuxième opus, "Homo deus, une brève histoire de l'avenir". Il était venu en parle au micro de Laure Adler en 2017

Yuval Noah Harari lors d'une de ses conférences (ici au Brésil).  Derrière lui, on peut lire "united we fall, divided we stand" ("unis nous tombons, divisés nous tenons")
Yuval Noah Harari lors d'une de ses conférences (ici au Brésil). Derrière lui, on peut lire "united we fall, divided we stand" ("unis nous tombons, divisés nous tenons") © Maxppp / EFE/ Sebastião Moreira
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