Depuis le 1er avril, l'Union cycliste internationale interdit la position dite "Mohoric", qui consiste à se coucher sur le cadre du vélo. Prise pour préserver la sécurité des coureurs, cette décision fait débat parmi les spécialistes de la bicyclette.

Le Slovène Matej Mohoric prend de la vitesse assis sur son cadre lors du Tour de Catalogne, le 28 mars 2021.
Le Slovène Matej Mohoric prend de la vitesse assis sur son cadre lors du Tour de Catalogne, le 28 mars 2021. © Getty / David Ramos

Assis sur le cadre de leur vélo, avant-bras sur le guidon, en lâchant les poignées : vous avez peut-être déjà vu les coureurs cyclistes adopter cette curieuse position dans les descentes. Sauf que l'Union cycliste internationale juge cette pratique trop dangereuse et l'a interdit depuis ce jeudi 1er avril, pour toutes les compétitions. L'une des raisons est de protéger les coureurs, mais le choix fait polémique dans le peloton.

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Une pratique trop dangereuse selon l'UCI

Cette position avait été testée pour la première fois au championnat du monde sur piste de 1993, avant d’être utilisée sur route par le Slovène Matej Mohoric, qui lui a donné son nom.

Si elle est bien utilisée, tête baissé, la pratique génère un gain aérodynamique de 15%, selon l'étude d'un aérodynamicien belge, la résistance de l'air étant le principal facteur qui freine un coureur en pleine descente.

Mais pour l'Union cycliste internationale, elle constitue surtout un risque pour les athlètes et doit donc être proscrite. Depuis le 1er avril, un coureur pris en faute sera mis hors course, perdra 25 points UCI et devra payer 1 000 francs suisse d’amende (environ 900 euros).

Débat au sein du peloton

Le choix de l'UCI, s'il est approuvé par certains spécialistes, ne fait pas l'unanimité. Guillaume Martin, premier Français du dernier tour de France (11e au classement général), a pris l'habitude de se coucher sur son cadre. "J'admets qu'il peut y avoir un risque de déséquilibre et donc de chute plus important", reconnaît le grimpeur. "Mais on ne le fait que dans les lignes droites et personnellement je n'ai jamais eu de chute de ce type." Pour lui, cette interdiction va certainement défavoriser les échappés qui auraient créé un écart dans les montées.

Même constat pour Emmanuel Brunet, responsable recherche et performance à la Fédération française de cyclisme, contraint d'enlever cette technique de son enseignement. "Cela ne fait pas consensus parmi-nous. Quand un cycliste roule en tête de peloton, sur une ligne droite, à 45 km/h, il n'y a pas de risque". 

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