À deux semaines de l’élection présidentielle américaine, une victoire de Donald Trump semble improbable si l’on en croit les sondages. Mais une nouvelle surprise le 3 novembre prochain, comme en 2016, reste possible.

Joe Biden lors d'un rassemblement de campagne au volant à la Riverside High School le 18 octobre 2020 à Durham, en Caroline du Nord.
Joe Biden lors d'un rassemblement de campagne au volant à la Riverside High School le 18 octobre 2020 à Durham, en Caroline du Nord. © AFP / Drew Angerer / Getty Images

Pour Donald Trump, les sondages des dernières semaines sont implacables. À quinze jours de l’élection présidentielle du 3 novembre, le démocrate Joe Biden a toutes les chances de devenir le 46e président des États-Unis.

En s’appuyant sur les enquêtes d’opinion, de nombreux modèles ont été élaborés par de grands médias et des sites spécialisés. Tous voient Biden gagnant. À la date du 19 octobre 2020, le site FiveThirtyEight estime à 87% la probabilité d’une victoire de Biden, The Economist évalue même les chances de l’ancien vice-président à 91%. 

Au plan national, les sondages donnent une large avance à Joe Biden : 51% contre 42% en moyenne. Mais la présidentielle américaine est une élection au suffrage indirect. Un candidat peut obtenir la majorité des suffrages exprimés et perdre l’élection. C’est ce qui est arrivé à Hillary Clinton en 2016. Elle comptait alors près de trois millions de voix de plus que Donald Trump.

Pour rappel, les Américains élisent un collège électoral. Ils choisissent des grands électeurs dans chacun des cinquante États et dans le district de Columbia où se trouve la capitale, Washington. Plus les État sont peuplés, plus ils comptent de grands électeurs : 55 pour la Californie, 38 pour le Texas, 29 pour la Floride et New York, etc. 

Le collège électoral est composé de 538 grands électeurs. Il en faut donc 270 pour obtenir la majorité et devenir président des États-Unis.

Joe Biden en tête dans les swing states

Dans de nombreux États, le résultat ne fait aucun doute. La victoire est promise aux Républicains ou aux Démocrates. Comme d’habitude, le scrutin va se jouer dans une douzaine d’Etats-clé, les swing states, où l’issue du vote est incertaine. 

On surveillera particulièrement cette année la Floride, la Pennsylvanie, le Michigan, le Wisconsin, la Géorgie, la Caroline du nord, l’Ohio, l’Arizona, le Texas... Tous ces États ont été remportés par Trump en 2016. Et sa victoire ne fut pas pour autant éclatante (304 Grands électeurs pour Trump, 227 pour Clinton). S’il n’avait pas conquis de justesse la Pennsylvanie, le Michigan et le Wisconsin, Hillary Clinton aurait été élue. 

Or, dans la plupart de ces swing states, les sondages annoncent une victoire de Joe Biden. Le candidat démocrate a notamment une avance confortable dans les trois États qui ont offert la présidence à Trump en 2016, : Pennsylvanie, Michigan et Wisconsin. Le plus souvent, il est aussi donné gagnant dans l’Arizona, en Caroline du nord et même en Floride ces dernières semaines. Et dans les autres États-clé, les deux candidats sont au coude-à-coude. 

Donald Trump ne semble donc pas en mesure de pouvoir rééditer ses bons scores de 2016. Et aucun institut ne le voit conquérir un État qui aurait voté Hillary Clinton il y a quatre ans.

Trump peut encore gagner

Mais il ne faut pas enterrer dès maintenant l’actuel locataire de la Maison Blanche.

D’abord, les sondages peuvent se tromper, comme en 2016, peut-être même dans des proportions plus importantes. Un facteur complique les prédictions cette année : l’ampleur du vote par correspondance. La plupart des États autorisent le vote anticipé. En raison de la pandémie de Covid, un grand nombre d’Américains choisissent cette année d’exercer leur devoir électoral par courrier. À la date du 18 octobre, plus de 26 millions d’Américains avaient déjà voté. Un record. Ce vote à distance est généralement favorable aux Démocrates mais il peut donner lieu à des contestations.

D’après la plupart des sondages réalisé dans les swing states, le retard de Trump se situe dans la marge d’erreur.

Un coup de théâtre peut encore se produire dans les deux semaines à venir. En 2016, le directeur du FBI James Comey avait annoncé à onze jours du scrutin la réouverture d’une enquête sur les courriels d’Hillary Clinton. Enquête qui n’avait rien donné mais avait fourni des munitions à Donald Trump.

Enfin, même si le candidat républicain est battu, reconnaîtra-t-il sa défaite ? Cette question inquiète le camp démocrate et pourrait prolonger le suspense bien au-delà de la nuit du 3 au 4 novembre 2020.