Un à un, les concurrents du Vendée Globe pénètrent dans le Pacifique Sud, un océan qui porte parfois bien mal son nom. Parmi les très bonnes surprises de cette première moitié de course, il y a Damien Seguin. C'est le premier skipper handicapé à s'aligner sur ce tour du monde et il n'en finit pas d'étonner.

Le froid s'invite à bord, ce qui n'empêche pas Damien Seguin de réaliser un grande performance sur cette première moitié de tour du monde
Le froid s'invite à bord, ce qui n'empêche pas Damien Seguin de réaliser un grande performance sur cette première moitié de tour du monde © © Damien Seguin / Groupe APICIL

Il y a du bonheur dans la voix de Damien Seguin. Un bonheur qu’il raconte longuement et qui marque son interlocuteur, comme le long sillage blanc d’écume que dessine son bateau derrière lui. Damien Seguin est un marin heureux d'être sur son monocoque (Groupe Apicil) aux avant-postes de la course et à titiller du bout de son étrave le trio de tête. Pour son premier tour du monde, le navigateur savoure. 

"Je ne m’attendais pas à la mi-course à être aussi bien" Damien Seguin

"Je suis content d’être là où je suis aujourd’hui, détaille-t-il pour France Inter depuis l’intérieur de son bateau. Je suis au pied du podium, je suis dans un groupe où je bataille bien. Je ne m’attendais pas à la mi-course à être aussi bien dans le classement sur un vieux bateau comme le mien. Il y a des hauts et des bas, je pense que c’est normal. Je suis content d’être sur cette magnifique aventure parce que je l’ai choisi."

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Damien Seguin nous a offert cette semaine, avec ses voisins de pallier, une image incroyable : cinq bateaux dans un mouchoir de poche, à se voir les uns les autres, en plein océan indien et après plus de cinq semaines de course. Cela fait du bien de parler à des êtres humains, nous raconte Damien Seguin. "On a échangé par VHF, c’était très sympa. On était très contents de tous se retrouver là. On a besoin de ça, on est tout seul sur nos bateaux. Il faut bien qu’à un moment donné on discute avec des gens." Pour ne plus se sentir trop seuls, dans les bons comme les mauvais moments, pour se tenir au courant de l’actualité aussi, les concurrents du Vendée Globe peuvent échanger entre eux via WhatsApp.

"Pas venu pour prendre des coups de soleil" Damien Seguin

Cette détermination et cette joie d'être sur l'eau sont à peine entamées par les galères que connaissent inexorablement ces  marathoniens des mers. Au début du mois, le pilote automatique du monocoque de Damien Seguin est tombé en panne. "Je me suis même demandé comment j’allais faire pour pouvoir continuer et ça devenait problématique si je devais rejoindre un abri", assure-t-il aujourd’hui. Tout proche de l’abandon, il a pu réparer et repartir. Maintenant, c'est le froid qui devient désagréable dans ces latitudes très au sud. "Les températures chutent et il fait 7 degrés à l’extérieur, c’est à peu près la même chose dans le bateau, raconte Damien Seguin. Avec l’humidité, c’est moyennement supportable. On sait de toute façon qu’on n’est pas venu pour prendre des coups de soleil dans cette partie du globe." Damien Seguin, comme ses autres camarades de tour du monde, a ressorti les vêtements chauds. "Il faut s’isoler du froid et de l’humidité. Si on sort pour manœuvrer, on peut vite se retrouver mouillé et là, l’eau n’est vraiment pas chaude. Ça devient problématique pour se réchauffer, il faut faire attention à ça."   

L'ancien médaillé olympique de voile (l’or aux Jeux Paralympiques d’Athènes et de Rio), né sans main gauche, continue de surprendre sur un bateau mis à l'eau il y a douze ans, dépourvu de foils. Pour cette deuxième partie de tour du monde, rien ne lui semble impossible. "Chaque jour est un jour nouveau, avec son lot de galères et de joies. Tout ça va me mener vers les Sables d’Olonne et vers l’arrivée. J’espère faire une deuxième partie de Vendée Globe au moins aussi bonne que la première. Il n’y a pas de raisons. Pour l’instant, c’est bien parti."

Damien Seguin n'a rien laissé au hasard. Il s'offre même, quand le ciel est chargé et gris, des séances de luminothérapie avec des lunettes spéciales. Histoire de garder le moral en toutes circonstances.

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix