Exclusivité France Inter - Une étude réalisée par le think tank Terra Nova et Bpi France s’intéresse aux entreprises dans les quartiers prioritaires. Elle révèle que les entrepreneurs dans ces quartiers manquent d'informations sur les aides, auxquelles ils ont pourtant droit.

Tremblay-en-France, en Seine-Saint-Denis compte 36.000 habitants, dont plus de 7.000 en quartier prioritaire de la politique de la ville.2 juillet 2018. Tremblay-en-France, en Seine-Saint-Denis
Tremblay-en-France, en Seine-Saint-Denis compte 36.000 habitants, dont plus de 7.000 en quartier prioritaire de la politique de la ville.2 juillet 2018. Tremblay-en-France, en Seine-Saint-Denis © Radio France / Claire Chaudière

Des coups de pouce existent, mais les entrepreneurs ne sont pas au courant. C'est le premier constat de cette étude, réalisée par le think tank Terra Nova et la Banque Publique d'Investissement (Bpi), menée auprès de 700 entreprises qui existent depuis au moins 4 ans : les entrepreneurs des quartiers prioritaires manquent d’informations sur les aides auxquelles ils ont pourtant droit. Des dispositifs existent dans les missions locales à Pôle emploi ou dans les chambres de commerce, mais ils ne rencontrent pas leur public. 

"7 entreprises sur 10 passent sous les radars des structures d'aide"

C’est ce que déplore Thierry Pech, directeur général du think-tank Terra Nova : "7 entreprises sur 10 qui se créent dans ces quartiers passent complètement sous les radars des structures d'aide. 

"Ces entreprises restent petites, alors qu'elles pourraient se développer avec les outils numériques et avec le développement du business en ligne, on pourrait voir ces entreprises croître au-delà des frontières du quartier."

Des entreprises qui restent donc petites, locales mais pérennes. Contrairement aux idées reçues, il n'y a pas plus de faillite en quartier prioritaire qu'ailleurs. 77% de ces entreprises tiennent le choc au bout de 3 ans, contre 74% dans d'autres quartiers.

"Ils ne s'arrêtent pas à une porte qui se ferme : ils passent par la fenêtre"

Au prix, comme en témoigne Anrifa Hassani Msé, entrepreneuse de Rosny-sous-Bois, d’une sacrée dose d’énergie : "Ça faisait trois ans que j'essayais de créer mon entreprise, de la faire décoller. Les entrepreneurs issus de milieux défavorisés ont cette détermination en plus cette volonté, cette rage... Ils ne s'arrêtent pas à une porte qui se ferme. Ils passent par la fenêtre."

Anrifa Hassani Msé, entrepreneuse de Rosny-sous-Bois
Anrifa Hassani Msé, entrepreneuse de Rosny-sous-Bois © Radio France / Anrifa Hassani Msé

Une détermination qui doit être accompagnée par une formation, souligne l’étude. Notamment pour rédiger un business plan, une stratégie d’entreprise ou un statut juridique.  

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.