Alors que le déploiement de la 5G pourrait commencer d'ici la fin de l'année, les maires écolos font front commun contre ce réseau très consommateur d'énergie, "une technologie de confort" dénonce le maire de Tours Emmanuel Denis. Certains, pendant la campagne, avaient promis des moratoires. Alors, où en est-on ?

Les maires écolos font front commun contre le réseau G5 qui inquiète une partie de la population
Les maires écolos font front commun contre le réseau G5 qui inquiète une partie de la population © AFP / ANADOLU AGENCY / Dursun Aydemir

Front contre la 5G : C'était l'un des thèmes de la campagne municipale de Pierre Hurmic à Bordeaux, qui voulait engager un moratoire à Bordeaux, métropole choisie par l'Acerp (autorité de régulation des communications) pour une expérimentation. Mais décider de moratoires locaux est quasiment impossible pour les maires, seules les autorités de l'État étant compétentes dans ce domaine. "Nous pouvons prendre des arrêtés mais ils sont facilement attaquables" reconnait Emmanuel Denis, le nouveau maire de Tours.

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Dans un premier temps, l'équipe de Pierre Hurmic a donc décidé de ralentir, avec ses moyens, le processus en diminuant les autorisations d'implantation d'antennes relais sur les terrains publics, explique Delphine Jamet, adjointe au maire : "Si vous n'avez pas beaucoup d'antennes, l'expérimentation ne va pas vraiment fonctionner et ne servira pas à grand chose." 

Ouvrir le débat

Ralentir les expérimentations, donc, dans un premier temps. Puis, surtout, interpeller le gouvernement. Les nouvelles municipalités vertes, réunies la semaine dernière à Tours, avec des mairies de gauche, se retrouveront une prochaine fois en août pour publier à la fin de l'été un plaidoyer pour un moratoire national de la 5G. 

Pour Léonore Moncond'huy, maire de Poitiers, l'important c'est d'ouvrir le débat. "Ce n'est pas un débat technique, c'est un débat politique. C'est : qu'est-ce qu'on veut en matière d'égalité des territoires sur l'accessibilité numérique ? Qu'est-ce qu'on veut en matière de consommation énergétique ? Si on demandait vraiment leur avis aux citoyens sur ces questions-là, je pense qu'il y aurait des avis plus nuancés que ce qu'on peut entendre sur la technologie qui est forcément source de progrès." 

Léonore Moncond'huy appelle à remettre en cause les idées reçues sur ces thématiques numériques. Seul un débat public, massif, permettra selon elle d'y arriver. La maire de Poitiers, comme Delphine Jamet, promet à minima un débat local à la rentrée : pour sensibiliser l'opinion et faire pression, alors que le gouvernement, par la voix de la ministre déléguée à l'industrie Agnès Pannier-Runacher, a récemment fermé la porte à un moratoire. 

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