C’est l’une des séries phares de Netflix : la troisième saison de “The Crown”, accessible ce dimanche sur la plateforme, poursuit le récit du règne d’Elizabeth II et des aventures de la famille royale britannique. Sa particularité ? Un casting complètement renouvelé.

Olivia Colman, à droite, récupère le rôle d'Elizabeth II, incarnée jusque là avec brio par Claire Foye (à gauche).
Olivia Colman, à droite, récupère le rôle d'Elizabeth II, incarnée jusque là avec brio par Claire Foye (à gauche). © Netflix / Stuart Hendry / Sophie Mutevelian

Si elle a récemment été accusée d’avoir pris trop de libertés avec les amours royales, la troisième saison de la série The Crown, accessible à partir de dimanche sur Netflix, n’en est pas moins fermement attendue par les fans. Cette série en costume, qui doit retracer en six saisons au total la vie de la reine Elizabeth II et de la famille royale britannique, a toutefois une particularité. Pour permettre de faire évoluer ses personnages (en âge évidemment, mais pas que), il a été décidé de changer intégralement le casting… toutes les deux saisons. 

Pour incarner la reine d’Angleterre des années 1970, la quarantaine, Olivia Colman (oscarisée pour La Favorite, Fleabag, Broadchurch) récupère le rôle incarné jusque là avec brio par Claire Foye. Et ainsi de suite, pour tous les autres personnages. Un procédé rarement utilisé, selon l’un des sérivores de France Inter et critique de séries, Benoît Lagagne. 

FRANCE INTER : De mémoire, avez-vous déjà vu un tel changement de casting dans un série ? 

BENOÎT LAGAGNE : "Il ne faut jamais dire jamais quand on parle de séries, mais je crois que c'est exceptionnel. Pour moi c'est une première, parce que, quand ça a lieu comme dans les séries d'ados type Skins par exemple, on repart à zéro avec un nouveau casting mais pour une bonne raison : parce qu'on ne veut pas raconter la vie des personnages après leur adolescence. Donc on est obligé de changer complètement les acteurs, mais aussi les personnages."

Est-ce, selon vous, un pari risqué qui risque de déstabiliser les spectateurs de la série ? 

"Je ne crois pas. Je pense que c'est bien moins risqué que lorsqu'on change un personnage en cours de route comme celui de Daario dans Game of Thrones, qui est incarné par Ed Skrein et puis qui, vu que le comédien claque la porte, est remplacé pour le même personnage par un autre comédien (Michiel Huisman, NDLR). C'est arrivé aussi dans Dallas et d'ailleurs la série a un peu chuté à ce moment là en audience. 

"C'est vraiment pensé comme une troupe de théâtre"

Là, c'est acté comme ça, le concept est ailleurs. On va suivre l'histoire à certaines périodes, donc la reine vieillit, donc elle change. Si dans l'écriture, c'est toujours aussi bon, la mise en scène, la reconstitution, c'est toujours aussi précis, il n'y a pas de problème. Dans le cas de The Crown, c'est vraiment pensé comme une troupe de théâtre : le personnage existe aussi vraiment au-delà de l'interprétation."

La recette, c'est peut-être d'être parti sur ce principe de casting mouvant dès le début ?  

"Oui, The Crown a été signée sur six saisons et l'histoire est prévue, on la connaît, donc le principe d'avoir des castings deux par deux est un vrai moyen de coller à des époques différentes. Plutôt que de prendre des comédiens et de les faire vieillir, comme à la This Is Us qui ne cesse de faire des allers-retours dans le temps, vu que c'est chronologique, c'est plutôt malin de changer de casting. Autant on pouvait trouver la reine jeune crédible autant, grimée, on ne verrait que son maquillage et le travail fait sur son visage. Du coup, ça règle ce problème là. Et la seule chose qui reste, en fait, c'est la véritable histoire que l'on raconte". 

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