Depuis sa nomination le 7 juillet dernier comme ministre de l’Intérieur, alors même qu’il est accusé de viol, Gérald Darmanin est le membre du gouvernement qui s’attire le plus de critiques. Une indignation qui, à la grande inquiétude de certains membres de la majorité, semble s’installer dans le temps…

Gérald Darmanin quittant le palais de l’Élysée le 15 juillet 2020
Gérald Darmanin quittant le palais de l’Élysée le 15 juillet 2020 © AFP / Ludovic Marin

C'est un sparadrap qui colle plus longtemps que prévu, s'inquiète un conseiller. Lassitude, chez certains ministres, d'être, dans les médias, sans cesse questionnés sur le sujet, malgré le soutien affiché au plus haut niveau de l'État. Soutien du Premier ministre Jean Castex, qui "assume totalement cette désignation". Soutien aussi d'Emmanuel Macron, celui qui a fait en 2017 de l'égalité femmes-hommes la grande cause du quinquennat, tout en se disant "garant de la présomption d’innocence".

Problème : l'Élysée et Matignon "ont complètement sous-estimé la charge symbolique de cette affaire", regrette un marcheur de la première heure... Avec le risque que ça feuilletonne, alors même que Gérald Darmanin est celui qui doit incarner l'ordre, le régalien, et porter à la rentrée le projet de loi contre les séparatismes.

Tribunes et malaise général

Or son nom est désormais surtout associé à la polémique, et aux tribunes interposées dans la presse, comme celle, à droite, de Rachida Dati, soutenue sur Twitter par la présidente de région Valérie Pécresse.

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Malaise relayé aussi à gauche, notamment par Anne Hidalgo... "C’est pas un problème qu’on peut régler d’homme à homme", assurait ainsi la maire de Paris, paraphrasant le président de la République le 14 juillet dernier. "C’est un problème qui concerne d’abord les femmes."

Faire le dos rond

Preuve qu'on est dans la "basse politique", se rassure un proche du ministre, assurant que Gérald Darmanin est "une cible choisie pour affaiblir le Président avant 2022".

Pour l’instant, la tactique reste de faire le dos rond, d’attendre que cesse "la chasse à l'homme", selon l'expression du ministre. À Beauvau, on se rassure : déjà dix déplacements au compteur, un seul réellement perturbé, des sondages stables et une majorité qui fait bloc. Un conseil municipal est prévu ce week-end à Tourcoing, mais on ne sait pas encore si le ministre et maire y fera une apparition.

En attendant, s’il y a bien présomption d'innocence, il y a aussi une situation politique et morale inconfortable, y compris pour le Président, tant que l'enquête, rouverte, ne sera pas close.

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