Le plus dur avec le coronavirus, ce n’est pas d’avoir les enfants à la maison, de ne plus pouvoir aller au travail ou de devoir faire des réserves de pâtes. Non, le plus dur c’est l’attente. France Inter vous a concocté une liste de films, de séries, de livres et de jeux vidéo (entre autres) pour vous occuper l’esprit.

Oui, y’a vraiment de tout, mais on essaie de couvrir toutes les situations
Oui, y’a vraiment de tout, mais on essaie de couvrir toutes les situations © Radio France

Si vous décidez (ou êtes obligé) de rester chez vous ces prochains jours ou ces prochaines semaines, voici une petite sélection totalement subjective d’œuvres qui, au-delà de leurs qualités, ont surtout le mérite de prendre du temps. Beaucoup de temps. Au point qu’on a même compté le nombre d’heures nécessaires pour tout lire, regarder, ou parcourir.

À la recherche du temps perdu (70 heures)

La saga littéraire de Marcel Proust est à la fois l’une des plus importantes du patrimoine littéraire français… et l’une des plus longues à lire (avec peut-être la grande fresque des Rougon-Macquart de Zola). Les sept tomes de cette série dont le narrateur, celui qui longtemps s’est couché de bonne heure, voyage à travers ses souvenirs et décortique la naissance de sa vocation de romancier, vous occuperont de longues heures, au fil des longues phrases, sur plusieurs lignes, écrites par Proust entre 1906 et 1922. Ce monument, vous l’avez peut-être étudié partiellement au lycée : il est temps de vous plonger une bonne fois pour toutes dans son intégralité.

(Extrait du téléfilm adapté de l’œuvre de Marcel Proust par Nina Companeez)

► ÉCOUTEZ - "L’Heure Bleue" autour de l’œuvre de Marcel Proust

Tous les films du Marvel Cinematic Universe (46 heures)

Bon, OK, ils ne se valent pas tous, loin de là. Mais les 23 longs-métrages réalisés par le géant des comics Marvel ont le mérite de durer longtemps, et de présenter une sorte de grand ensemble cohérent, où les films se répondent à coups de petits clins d’œil, de petites avancées de la grande intrigue dans les petits scénarios séparés, ou de personnages transversaux qui se baladent au second plan. Tout regarder à suivre (et dans le bon ordre recommandé par Wikipedia) peut donc être une bonne manière de s’amuser à compter les références cachées, en plus de passer le temps, avec une moyenne de 2 heures par film (3 heures pour le plus long, “Avengers Endgame”). Et si vous ne saturez pas, vous pouvez enchaîner avec les comics (on vous recommande particulièrement les sagas “Civil War” ou “Ultimates” comme bon premier contact avec cet univers un peu trop foisonnant).

► ÉCOUTEZ - Marvel Studios, de la banqueroute au banco

Olympia TV sur Canal (plus de 100 heures)

C’est la nouvelle chaîne “délinéarisée” lancée par le groupe Canal : Olympia TV. Par “délinéarisée”, comprenez qu’outre une chaîne “classique” diffusée tous les soirs, elle propose l’ensemble de ses programmes en replay. Au total donc, plus d’une centaine d’heures de pièces de théâtre, de concerts, de one-man ou one-woman shows, et même d’opéras. Avec régulièrement de nouveaux spectacles inédits.

► ÉCOUTEZ - "Captures d’écran" sur Olympia TV

Le jeu vidéo “The Witcher 3” (de 60 à 120 heures)

Que vous ayez aimé ou non la série Netflix du même nom, on ne peut que vous recommander l’adaptation vidéoludique des romans d’Andrzej Sapkowski. Le troisième épisode peut se jouer sans avoir touché aux deux précédents, bien moins marquants, et propose une histoire aussi prenante qu’interminable, dans un univers médiéval fantastique aussi riche que cohérent, sur les traces du sorceleur (un chasseur de monstres en CDD) Geralt de Riv. L’aventure principale vous prendra une bonne soixantaine d’heures pour en voir la fin, et si vous y ajoutez les deux extensions et que vous décidez de méthodiquement terminer les innombrables quêtes secondaires, vous pouvez allègrement dépasser la centaine d’heures de jeu.

► ÉCOUTEZ - "La Faute aux Jeux Vidéo" sur The Witcher 3

Les films d’animation du studio Ghibli (40 heures)

Il y en a une vingtaine, pas forcément tous signés du maître Hayao Miyazaki (son ami Isao Takahata a aussi réalisé quelques perles, tout comme son fils Goro Miyazaki) mais tous empreints de cette “patte” mélancolique qui fait le charme du studio japonais. Ils viennent d’être presque intégralement ajoutés au catalogue de Netflix en France, ce qui facilite leur visionnage, et sont presque tous visibles par des enfants (évitez tout de même “Princesse Mononoke” ou “Le Tombeau des Lucioles” avec les tout-petits). En revanche, vous pouvez vous installer sans problème en famille devant “Porco Rosso”, “Le Voyage de Chihiro”, “Pompoko” ou “Mon Voisin Totoro”.

► ÉCOUTEZ - "Pop Fiction" sur les studios Ghibli / "Blockbusters" sur Hayao Miyazaki

► LIRE - Non, Isao Takahata n’était pas seulement "le Miyazaki moins connu"

Toute la série Friends (87 heures)

Monica, Phoebe, Rachel, Ross, Joey, Chandler, ça vous dit quelque chose ? Pendant dix ans, de 1994 à 2004, les six colocataires new-yorkais les plus connus de la planète (dont on s’est toujours demandé comment ils pouvaient louer des appartements luxueux en plein centre-ville tout en étant, soi-disant, toujours en difficulté financière) ont fait rire leurs spectateurs. Certes, certaines vannes (et styles vestimentaires) ont sacrément mal vieilli quand on les réentend en 2020, mais "Friends" a encore largement de quoi vous séduire. Son principal avantage en cette période : la série est longue, très longue. Comptez 236 épisodes de 22 minutes (soit un peu moins de 87 heures au total) pour déterminer si Ross et Rachel finiront ensemble (et s’ils étaient, ou non, en pause).

► ÉCOUTEZ - "Friends", un loft de télé-réalité rempli de gens intelligents

L’application “Monopoly” (plusieurs heures - au ralenti)

Si vous êtes confiné tout seul ou toute seule chez vous, sans personne pour une petite partie de votre jeu de société préféré, la solution réside peut-être dans la nouvelle application Monopoly sortie en décembre dernier sur iOS et Android. Avec une interface simplifiée par rapport aux précédentes versions et surtout une version de jeu en ligne qui vous permet d’affronter trois autres personnes à distance. Et comme dans le vrai Monopoly, il faudra patienter pendant les tours de vos adversaires - ce qui vous promet quelques heures d’attente si vous devenez addict à cette application. 

La série de romans “Dune” (50 heures)

La nouvelle adaptation au cinéma par Denis “Blade Runner 2049” Villeneuve de cette saga culte de la science fiction sort en novembre prochain. Et si elle marche bien, vous allez sans doute voir arriver toutes ses suites. Pourquoi ne pas prendre de l’avance en lisant ou relisant les sept romans de la série ? L’œuvre de Franck Herbert est un monument du genre, une épopée bourrée de rebondissements, de trahisons et de moments de bravoure qui s‘étale sur plusieurs millénaires : de quoi faire passer Star Wars pour un téléfilm de Noël. Et si vous n’en avez pas assez, sachez que Dune a survécu à son auteur, mort en 1986 : son fils a co-écrit plusieurs suites et prequels qui pourront prolonger vos lectures. En plus, à la maison, vous ne risquez pas de mettre du sable entre les pages (même si c’est le livre idéal pour le faire).

► ÉCOUTEZ - "Blockbusters" sur Dune : "Sous le pavé, la page"

La série de jeux vidéo “Assassin‘s Creed” (de 50 à plusieurs centaines d’heures)

Même s’ils sont devenus des références et des succès commerciaux mondiaux, vous êtes peut-être passé à côté de la série “Assassin’s Creed”, saga de 11 jeux principaux (22 en comptant les épisodes dérivés) qui raconte l’affrontement à travers les âges des Templiers, qui cherchent à établir une dictature éclairée du monde, et les Assassins, garants des libertés individuelles et du droit de choisir son destin. Concrètement, chaque jeu vous plonge dans une époque et un pays, vous permettant de vous y promener plus ou moins librement. Vous pouvez même totalement ignorer le scénario et flâner dans les rues de Paris en 1792, en Égypte sous Ptolémée, près de Jérusalem pendant les Croisades ou dans les Caraïbes en plein âge d’or de la piraterie. On vous recommande particulièrement les épisodes Odyssey, Origins, Black Flag ou Brotherhood.

► ÉCOUTEZ - "La Faute aux Jeux Vidéo" sur Assassin’s Creed Odyssey

Les 33 tomes de la BD “Walking Dead” (33 heures)

Coup de chance : la meilleure série de zombies jamais dessinée vient de s’achever (contrairement à sa poussive version télé), juste à temps pour pouvoir la lire cloîtré à la maison. Récit au long cours d’une Amérique où les morts reviennent à la vie pour dévorer les vivants, provoquant l’effondrement de la civilisation, l’œuvre de Robert Kirkman ne s’essouffle presque jamais, parvient régulièrement à relancer ses intrigues et sous-intrigues, à toucher et choquer (jamais gratuitement) ses lecteurs, tout en proposant des personnages formidablement bien écrits, loin de tout manichéisme. Même sa conclusion ne déçoit pas, et offre une nouvelle perspective sur l’ensemble de l’histoire. Bref un petit bijou que vous avez tout le temps de lire tranquillement, si vous avez le cœur bien accroché. Et si vous avez aimé, vous pouvez aussi lire l’excellent “Invincible”, du même auteur, et jouer à la version vidéoludique de "Walking Dead", très réussie.

► ÉCOUTEZ - L’univers de Walking Dead et de Robert Kirkman

L’intégrale des “Deux minutes du peuple” (au moins 20 heures)

Ce sont des pastilles radiophoniques cultes des années 90 et du début des années 2000 : “Les Deux minutes du peuple”, conçues à base de voix modifiées et de calembours douteux par le Québécois François Pérusse. Depuis plusieurs mois, sur YouTube, l’humoriste publie petit à petit l’intégrale de ses capsules radiophoniques (d’une durée moyenne de… 2 minutes, comme son nom l’indique). Il y en a actuellement 617 en ligne, ce qui vous assure plus de 20 heures de franche rigolade au son des parodies de Colombo, de Urgences ou de Ca se Discute, et de jeux de mots comme “Elle est née d’une mère caféinomane donc d’un percolateur”. Avec en bonus quelques épisodes inédits, réalisés en 2018 et 2019. On vous souhaite une bien bonne écoute (et les plus courageux pourront se lancer dans les versions québécoises, un poil différentes des versions en “français de France”).

L’intégrale de la série Doctor Who (de 112 à 421 heures)

C’est la série de science-fiction la plus longue au monde, et la plus longue série télé à être encore diffusée. Moins connue chez nous, “Doctor Who” est une institution en Grande-Bretagne depuis sa création en 1963 sur la BBC One. Elle a connu un renouveau bienvenu en 2005, après plusieurs années de pause, avec une “seconde série” ne nécessitant pas d’avoir vu les (très, très nombreux) épisodes précédents. On y suit toujours le Docteur, un extraterrestre aux grands cœurs (il en a deux) qui voyage à travers le temps et l’espace dans son TARDIS, une sorte de cabine téléphonique bleue. Idéal pour les amateurs de série d’aventure, de science fiction, d’émotion et d’humour british, on vous recommande de commencer par la nouvelle série (12 saisons à ce jour, soit 112 heures au total). Il sera toujours temps, si vous devenez fan, de rattraper la série originale (26 saisons et 309 heures) plus tard. Le temps n’est pas un problème pour le Docteur.

► ÉCOUTEZ - "Blockbusters" sur Doctor Who

Ikono.tv (24 heures par jour)

Si vous aimez l’art - mais genre, si vous aimez BEAUCOUP l’art -, alors Ikono.tv est faite pour vous. Cette chaîne de télévision contemplative, qui se décrit comme un “musée imaginaire”, propose un programme unique en son genre : des tableaux filmés. Pendant de longues minutes, la caméra se déplace sur l’œuvre, faisant des gros plans sur des détails que vous n’auriez pas détectés à l'œil nu. La chaîne propose aussi une programmation d’art vidéo, et quelques documentaires, à voir sur Internet et pour les abonnés Free. Les plus accros pourront s’abonner à leur service “à la demande”, sorte de Netflix de la vidéo d’art. 

Fruit Ninja (autant d’heures que possible avant l’indigestion)

Le concept de ce jeu pour smartphones et tablettes est simple : d’un geste du doigt, vous devez trancher des fruits qui apparaissent à l’écran. Ça, c’est le principe de base. Car très rapidement, le rythme s’accélère jusqu’à devenir intenable. Et donc, le jeu devient presque instantanément addictif. Si la version classique à l’allure effrénée vous fatigue, vous pouvez tenter le mode de jeu “zen”, qui peut vous occuper de longues heures durant.

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