Après leur séparation, les Daft Punk laissent derrière eux quatre albums studio et plus d'une cinquantaine de titres, riches en dizaines de samples, ces courts extraits issus d'autres morceaux. Si beaucoup sont issus de titres funk ou disco peu connus, on y retrouve aussi du Claude François...

Les Daft Punk, en 2014 sur la scène des Grammy Awards
Les Daft Punk, en 2014 sur la scène des Grammy Awards © AFP / KEVORK DJANSEZIAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA

Fers de lance du mouvement de la French Touch, les Daft Punk font partie de ceux qui ont popularisé un art déjà existant depuis le milieu des années 70 et 80, initié par les musiciens expérimentaux, puis repris par le reggae, le hip-hop et l'électro, puis petit à petit par toute la musique pop : le "sampling", ou "échantillonage" en français, qui consiste à isoler, découper, recoller et harmoniser des échantillons venus d'autres titres (on en retrouve par exemple un exemple évident avec la chanson "Supreme" de Robbie Williams qui sample allègrement la bande originale de "Dernier domicile connu" composée par François de Roubaix).

Dans les chansons du duo formé par Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo, qui a annoncé sa séparation lundi, les samples sont partout. Même si sur leur dernier album, "Random Access Memories", moins électro, ils étaient moins présents (mais pas absents, le titre "Contact" reprenant une grande partie d'un titre du groupe The Sherbs), le "son Daft Punk" est presque indissociable de cette technique, au même titre que l'utilisation du vocoder pour transformer les voix. 

Des extraits coupés, découpés, recollés

Une grande partie des samples de Daft Punk provient de titres méconnus de la funk ou du disco de la fin des années 70 et du début des années 80, ce qui confère à une partie des tubes du groupe leur sonorité mi-rétro, mi-futuriste. L'album "Discovery" en est le meilleur témoin, et l'on peut prendre comme exemple clé le titre de Eddie Johns "More Spell On You", dont les parties de cuivres ont été découpées et remontées pour créer l'accrocheur motif musical du tube "One more time"

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À l'opposé, on trouve ces titres que les Daft ont presque copié-collés. Dans l'album "Human after all", le titre "Robot Rock" reprend presque sans modification, et en boucle, l'intro du titre "Release the beast", du groupe de funk Breakwater.

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Et puis, il y a ces titres connus, d'artistes superstars, si bien cachés qu'il est presque impossible de les distinguer sans fureter à l'aide de férus du sample, qui s'amusent à décomposer, sur Internet, les titres électro pour y retrouver les chansons utilisées. Ainsi, on découvre que le tube "Don't go breaking my heart" d'Elton John et Kiki Dee a servi dans le titre "Phoenix" sur l'album "Homework", comme le montre la vidéo ci-dessous (à partir de 35 secondes). 

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Même sort pour un autre tube des années 70 : "Evil Woman" du groupe Electric Light Orchestra, dont les guitares sont samplées, au milieu d'autres extraits, pour former la partie centrale du titre "Face to Face". Là aussi, l'explication est à découvrir dans la vidéo ci-dessus, à partir de 10mn30. 

Parmi les autres artistes vedettes utilisés dans la musique de Daft Punk, on trouve les sœurs du groupe Sister Sledge (connues pour "We are family"), dont le titre "Il Macquillage Lady" est repris pour former la base de "Aerodynamic". Ici, le travail de collage est impressionnant, de l'ordre du travail de minutie, comme en témoigne cette vidéo du projet "The Sample Edition" sur YouTube. L'extrait de quelques secondes à peine (quatre mesures, en langage musical) est divisé en 32 parties (soit 32 demi-temps), réutilisés pour fabriquer une nouvelle phrase musicale. 

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Enfin, on compte aussi "Just the way you are" de Billy Joel dans les samples les plus indétectables de Daft Punk. Comment ce slow culte des années 70 est-il devenu un titre de club sur l'album "Homework" ? Là encore, le secret réside en un collage presque abstrait, qui permet de créer une phrase musicale à partir de minuscules extraits sur lesquels on entend la voix de Billy Joel. 

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Des tubes français aussi utilisés

Et côté français ? La légende dit que pour l'un de leurs titres les plus aériens, "Veridis Quo" (que vous entendez chaque jour sur France Inter dans "L'Heure Bleue"), les deux DJ casqués ont utilisé des extraits d'un autre monument de la musique électronique : Marc Cerrone, et de son tube "Supernature". Le duo n'a jamais confirmé qu'ils avaient bien utilisé la rythmique de ce titre pour en faire la base de leur morceau, mais Cerrone lui-même a expliqué, dans une interview à Europe 1, que Guy-Manuel de Homem-Christo était venu le voir pour lui demander l'autorisation d'utiliser cet extrait. 

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C'est du côté de Thomas Bangalter en solo que l'on peut retrouver les samples les plus étonnants. Dans son titre "Colossus" sorti sur le label Roulé, les plus attentifs reconnaîtront que le sample utilisé tout le long de la chanson est en fait une demi-seconde issue de "Cette année-là" de Claude François (à écouter : dans un épisode du podcast "Discorama" consacré à Daft Punk, le musicien The Toxic Avenger décortique le sample en question). 

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Enfin, qui aurait pensé que le québecois Claude Dubois, l'un des interprètes de l'opéra-rock Starmania, aurait inspiré Thomas Bangalter ? Une autre vidéo de The Sample Edition montre comment "Le Blues du businessman" a servi de sample pour un autre titre sorti par Bangalter sur le label Roulé : "Ventura".  

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