En raison de la pandémie de coronavirus, le grand pèlerinage musulman vers la Mecque accueille cette année un nombre très réduit de fidèles. Le ministère saoudien du hajj a mis en place des mesures sanitaires drastiques.

Les pèlerins respectent la distanciation physique.
Les pèlerins respectent la distanciation physique. © AFP / STR / AFPSTR / AFP

Jusqu’à 10 000 pèlerins sont attendus à la Mecque à partir du mercredi 29 juillet. Tous résident en Arabie saoudite. Une part infime des 2 millions et demi de musulmans, venus d’environ 190 pays différents, qui effectuent habituellement le hajj aux dates fixées par le calendrier lunaire, comme le veut le cinquième pilier de l'islam. Après la suspension en mars dernier de la "omra", petit pèlerinage mensuel vers la Mecque, la tenue du hajj était incertaine. Fin juin, le gouvernement saoudien a finalement annoncé qu’il aurait bien lieu, “avec un nombre très limité de fidèles” et dans des conditions sanitaires drastiques. 

Ainsi, le hajj de cette année est réservé aux musulmans d’Arabie saoudite, nationaux et résidents étrangers. L’annonce faite, des millions d’habitants du royaume se sont empressés de candidater en ligne. Devant l’afflux de demandes, le ministère du hajj a mis en place des critères de sélection. Mustapha Almanas est infirmier dans un hôpital à Riyad. Il faisait à ce titre partie des personnes prioritaires : 

"Nous, les personnels soignants, nous avions plus de chances d’être choisis. J’ai été sélectionné, alors que mes amis qui ne travaillent pas à l’hôpital ne l’ont pas été. Les femmes et les hommes qui travaillent dans la sécurité aussi étaient prioritaires. Je pense que les organisateurs se sont dit qu’on pourraient être utiles en cas de problème sur place, d’urgence sanitaire par exemple."

Autre critère pour obtenir l’autorisation délivrée par le ministère : être en parfaite santé. D’où les restrictions d’âge, puisqu’il fallait avoir entre 20 et 50 ans pour déposer sa candidature. “On nous a demandé si on avait une maladie chronique”, précise Mustapha. “Il fallait les prévenir si on faisait de l’asthme ou de l'hypertension.” Les pèlerins devaient également réaliser un test PCR de dépistage du coronavirus avant leur arrivée à La Mecque. Un résultat négatif n’était pas gage pour autant de participation au pèlerinage. Les fidèles ont effectué une quarantaine en amont et devront se placer de nouveau à l’isolement à l’issue du hajj. En apprenant cela, Sadia Halimatou, habitante de Djeddah, a renoncé à déposer un dossier de candidature : 

"Je n’avais pas assez d’argent pour payer un hôtel pendant une ou deux semaines. C’est à nos frais !". 

Plusieurs candidats au hajj remplissant les critères ont finalement vu leur dossier refusé et s’en sont indignés. Les autorités saoudiennes se sont défendues en invoquant des “critères de sélection transparents”. Le ministère affirme avoir reçu des dossiers de la part de résidents venus de 160 pays. Mustapha, par exemple, est jordanien. Deux tiers des pèlerins de cette année sont comme lui des résidents étrangers.  

À leur arrivée à la Mecque, les pèlerins sont fournis en masques de protection et en gel hydroalcoolique. Ils reçoivent également un tapis de prière, un ibrah, vêtement traditionnel, et un ensemble de galets stérilisés utilisés pour le rituel de lapidation. 

Des mesures inédites qui rassurent Mustapha : “C’est très bien organisé. Je pense qu’il n’y a aucun risque. Je suis sûr que les organisateurs ont à cœur que cela se passe bien.” Mais il espère quand même que ces protocoles ne seront “plus d’actualité” l’année prochaine. 

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