Trois ans après l'incendie accidentel de ce bar de Rouen dans lequel 14 personnes ont péri, le tribunal correctionnel de Rouen décidera de la culpabilité des deux gérants poursuivis pour homicides involontaires, et contre lesquels le procureur a requis 4 ans de prison ferme le mois dernier.

Le mémorial installé devant le bar "Au Cuba Libre" en août 2017
Le mémorial installé devant le bar "Au Cuba Libre" en août 2017 © AFP / Charly Triballeau

À l'audience, Nasser et Amirouche Boutrif ont du répondre d'une accumulation de négligences ayant conduit à ce drame. Négligences survenues lors des travaux d'aménagement du sous-sol pour agrandir leur affaire : un escalier escarpé et inadapté à l'accueil du public, l'absence de système d'aération et de désenfumage, l'application d'un matériaux isolant inflammable sur les murs, entre autres. Et puis, négligence ultime ce soir-là : la porte de secours de la cave était restée fermée à clé

Mais pour le procureur, ces négligences n'étaient pas si involontaires que cela : les gérants ont sciemment voulu faire des économies dans les travaux et réaliser cette extension coûte que coûte, sans la déclarer, parce qu'ils savaient qu'ils n'en obtiendraient jamais l'autorisation, "ils ont joué avec le principe du _pas vus, pas pris_" a conclu le procureur. 

"J'ai jamais pensé au pire" s'est défendu Nasser Boutrif à l'audience, "jamais pensé que ça serait mortel, mais je ne peux pas justifier l'injustifiable" concédait-il en reconnaissant qu'il serait normal qu'il soit lourdement condamné. 

Les avocats de la défense ont tout de même demandé à ce que leurs clients ne soient pas incarcérés. 

Réponse du tribunal correctionnel de Rouen à 14h.

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