Est-on si sûr qu’on peut être totalement immunisé si on a rencontré le virus et ne pas craindre une recontamination ? Les tests sérologiques qui permettraient d’identifier les personnes "immunisées" doivent-ils être l’alpha et l'oméga du déconfinement ? Sans dramatiser, la question peut se poser.

Les tests sérologiques reposent sur une prise de sang
Les tests sérologiques reposent sur une prise de sang © AFP / Aditya Irawan / NurPhoto

Dans son plan de déconfinement pour Paris, Anne Hidalgo compte notamment sur les tests sérologiques qui permettraient d’identifier les parisiens "immunisés", parce qu’ils auraient produit des anticorps après avoir contracté le Covid. Ceux-là seulement, pourraient circuler plus librement, sans entraves. 

Mais est-on si sûr qu’on peut être totalement immunisé et ne pas craindre de retomber malade ? Plusieurs études asiatiques évoquent le cas de patients testés à nouveau positifs après avoir été théoriquement guéris du Covid. 

Première explication : les tests de recherche de virus sur ces patients n’étaient peut-être pas très fiables. Deuxième explication, plus inquiétante celle-ci, une première infection ne protégerait pas forcément d’une récidive. Autrement dit, les défenses, les anticorps produits au contact du virus, ne seraient pas forcément neutralisants, ils ne déclencheraient pas d’immunité. 

Beaucoup de questions, pas de réponse pour l'instant

À ce jour, les infectiologues se posent encore beaucoup de questions : tout le monde fabrique-t-il ces anticorps ? En quelle quantité ? Sont-ils protecteurs pour tout le monde ? Et protecteurs combien de temps ? 

Une étude chinoise sur un transfert d’anticorps de patients guéris, à patients malades, semble montrer de l’efficacité, mais trop peu de certitudes encore, d’où l’inquiétude du professeur Odile Launay, infectiologue. "Ça pose des questions en terme de déconfinement. Comment on va déconfiner les gens, parce qu'on comptait beaucoup sur la sérologie en disant que les gens qui ont été infectés on allait pouvoir les déconfiner. Mais si effectivement ils peuvent se réinfecter et éventuellement même présenter des formes grave, ça ne va pas être simple."

Crainte sur le déconfinement à court terme, crainte aussi sur la probabilité de trouver un vaccin à long terme, si l’infection n’est pas immunisante. 

Un essai sur la recherche d’anticorps et leur description chez des soignants contaminés a justement débuté cette semaine à Strasbourg pour tenter d’apporter des éléments de réponse. 

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