Rentré en vigueur il y a trois ans, le mandat de mobilité bancaire permet aux clients souhaitant changer de banque de s'épargner certaines démarches fastidieuses. Mais selon l'UFC-Que Choisir, le dispositif fonctionne mal et n'a pas permis de faire baisser les prix par le jeu de la concurrence.

D'après le comparateur de l'UFC, les banques traditionnelles sont en moyenne 4 à 5 fois plus chères que les banques en ligne.
D'après le comparateur de l'UFC, les banques traditionnelles sont en moyenne 4 à 5 fois plus chères que les banques en ligne. © Getty / LeoPatrizi

Censé faciliter le passage d'une banque à une autre, le mandat de mobilité bancaire instauré par la loi Macron de 2015 a-t-il eu les effets escomptés ? Assurément non, estime l'UFC-Que Choisir, dans un bilan publié le 2 janvier. 

Sur le papier, le dispositif entré en vigueur en février 2017 a de quoi séduire. Il permet au client qui souhaite changer d'établissement bancaire de s'épargner de pénibles démarches, puisque c'est sa nouvelle banque qui se charge de prévenir les émetteurs de prélèvements ou de virements de sa nouvelle domiciliation bancaire. 

Un "parcours du combattant"

"Cela devait faire sauter le verrou d'une concurrence très faible dans le secteur bancaire", explique Matthieu Robin, de l'UFC-Que Choisir. "Mais le dispositif ne fonctionne pas suffisamment". Ainsi, seuls 2,5% des consommateurs ont changé de banque en 2019, alors qu'ils sont 17% à en exprimer le souhait, selon l'association. 

Celle-ci décrit un "véritable parcours du combattant", jalonné "d'erreurs grossières et inadmissibles" de la part des banques : mandats non signés, mauvaise saisie du numéro de compte, incapacité à identifier le titulaire, etc. Ainsi, beaucoup de clients se découragent, et près de 40% des demandes de mobilité n'aboutissent pas à la clôture de l'ancien compte, d'après l'UFC-Que Choisir. Le consommateur se retrouve donc avec un compte bancaire supplémentaire... et les frais qui vont avec. 

Des écarts considérables entre les établissements traditionnels et les banques en ligne 

Faute de stimuler la concurrence, la mobilité bancaire n'aura donc pas permis de faire baisser les prix des banques traditionnelles. "Celles-ci sont encore extrêmement chères, malgré l'agressivité des banques en ligne", regrette Matthieu Robin. En 2020, leurs tarifs enregistrent une baisse symbolique de 0,3%. Ainsi pour un actif avec un usage standard de son compte bancaire, les frais s'élèvent en moyenne à 219 euros par an, soit 5 fois plus que pour une banque en ligne (42 euros). "Changer de banque permettrait pourtant de vrais gains de pouvoir d'achat", souligne Matthieu Robin. 

► À consulter : le comparateur bancaire indépendant de l'UFC-Que Choisir est en accès libre pour dix jours

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