Les personnes immunodéprimées, à risque élevé de développer une forme grave de Covid et chez qui les vaccins ne fonctionnent pas bien, pourront recevoir préventivement un traitement par anticorps monoclonaux, notamment si elles sont cas contact, selon la Haute autorité de santé (HAS).

Les personnes immunodéprimées, à risque élevé de développer une forme grave de Covid et chez qui les vaccins ne fonctionnent pas bien, pourront recevoir préventivement un traitement par anticorps monoclonaux, notamment si elles sont cas contact
Les personnes immunodéprimées, à risque élevé de développer une forme grave de Covid et chez qui les vaccins ne fonctionnent pas bien, pourront recevoir préventivement un traitement par anticorps monoclonaux, notamment si elles sont cas contact © Getty / .

Dans le cadre de la campagne vaccinale contre la Covid-19, il est prévu une troisième dose pour les plus fragiles à partir de l'automne prochain. Cette 3e dose, les immunodéprimés, les greffés notamment, peuvent déjà en bénéficier si deux doses de vaccin ne suffisent pas à les protéger. Mais depuis quelques jours, la Haute Autorité de santé autorise aussi l'administration d'anticorps monoclonaux à ces publics fragiles. Il s'agit des anticorps monoclonaux des laboratoires Roche-Regeneron, ceux-là mêmes qui avaient été donnés à Donald Trump. 

L'administration de ces anticorps est autorisée en "prophylaxie", autrement dit à caractère préventif. Ce sont des traitements déjà utilisés contre la Covid, mais cette fois, on les donne pour éviter de tomber malade. C'est un outil en plus à l'usage des plus fragiles, qui s'estiment parfois un peu laissés pour compte du fait de la faible (voire nulle) efficacité sur eux des différents vaccins.

Pour les greffés du rein par exemple, la 3e dose elle-même ne suffit pas. Près d'un tiers d'entre eux n'ont toujours pas d'anticorps après une troisième injection. Même chose pour certains malades atteints de cancers du sang. Ces patients immunodéprimés n'arrivent pas à fabriquer les anticorps, et quand ils y arrivent, ils ne le font pas aussi bien que les autres. On estime que 130 000 patients en France seraient ainsi non réactifs aux vaccins, alors même que leur fragilité les expose à des formes graves. 

L'idée ici, c'est donc de leur administrer des anticorps déjà fabriqués, une combinaison d'anticorps dits monoclonaux, qui vont cibler la protéine Spike du virus et l'empêcher de s'accrocher. Le cocktail pourra être prescrit en "pré-exposition", en amont de tout contact éventuel avec le Covid. Il peut également être utilisé après exposition, lorsque la personne immunodéprimée sera considérée comme cas contact. 

L’autorisation est pour le moment octroyée pour cinq mois, au cours desquels on mesurera l'efficacité du traitement et l'émergence d'éventuelles résistances. Les anticorps retenus pour l'instant ont une efficacité qui n'est pas très longue, mais d'autres anticorps arrivent bientôt sur le marché qui devraient protéger les patients plus longtemps.