Plus de 15 000 communes de moins de 3 500 habitants ne disposent plus d'aucun commerce de proximité. Le groupe SOS, spécialisé dans l'économie sociale et solidaire, souhaite ouvrir "1 000 cafés" partout en France et lance un appel à candidatures auprès des maires.

Un café à Geaune, dans les Landes
Un café à Geaune, dans les Landes © AFP / Philippe Roy / Aurimages

C'est une initiative inédite, le groupe SOS, entend ouvrir "1 000 cafés" dans des petites communes de moins de 3 500 habitants qui n'en disposent plus. L'association de l'économie sociale et solidaire, a envoyé jeudi un questionnaire aux 32 221 maires concernés et a déjà reçu plus de 150 réponses.

On a eu énormément de réponses

Afin d'être éligibles au dispositif, les mairies doivent remplir plusieurs critères : ne disposer d'aucun café ou avoir un café menacé de fermeture, avoir identifié un local vacant susceptible d'accueillir le projet et que le maire porte la candidature. 

"On a lancé l'appel jeudi dernier et en quelques jours on a eu énormément de réponses" détaille Hélène Labrunie, chargée de mission de développement de ce projet. "Et cela continue de monter : on en a une bonne vingtaine tous les jours, qui viennent de la France entière". 

Un besoin fort de commerces dans les petites communes

Pour Hélène Labrunie, le projet répond à "un besoin fortement exprimé". Selon le groupe SOS, 53% des communes de moins de 3 500 habitants ne disposent d'aucun commerce de proximité. "Il y a beaucoup de projets qui n'arrivent pas à se concrétiser faute de financement ou de mobilisation et les maires voient dans notre initiative un vrai levier pour les faire aboutir" ajoute celle qui s'apprête à aller à la rencontre de toutes les mairies candidates.

"Nous allons rencontrer tous les maires et mobiliser les populations locales" ajoute en effet Louis Andrieu, l'autre chargé de développement du projet. L'idée est de définir les services manquants et les besoins des habitants pour diversifier les activités dans le local du futur café : "Un relais poste, un dépôt de pain ou un lieu pour accueillir les épiceries locales ou les associations". 

Un modèle économique mutualisé

La première visite aura lieu ce jeudi, dans la Sarthe, dans une commune "qui avait un bistrot qui a du fermer" raconte Jean-Marc Borello, président du directoire du groupe SOS. "La collectivité s'est rendue acquéreur du bistrot et ils aimeraient que quelqu'un le reprenne mais ils ne trouvent personne car il n'y a pas de logique économique évidente" explique le fondateur de l'association.

C'est nous qui courons le risque, ni les salariés, ni la commune.

La formule proposée par le groupe SOS vise à rendre pérenne le modèle du bistrot du coin : l'association entend recruter deux personnes, en local, salariées au SMIC pour chaque café. Avec la mutualisation des achats et l'ouverture à d'autres services proposés, les coûts seront réduits et le chiffre d'affaire plus important. "L'avantage c'est que c'est nous qui courons le risque, ni les salariés, ni la commune" souligne Jean-Marc Borello. L'association espère ouvrir son premier bistrot d'ici la fin de l'année. Les candidatures sont ouvertes jusqu'en 2021.

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