Elles ont pullulé au moment du déconfinement. Les caméras thermiques sont aujourd'hui moins nombreuses. Un avis de la CNIL et une décision du Conseil d'État sont passés par là. Depuis fin juin, les entreprises et les administrations doivent en effet veiller à s'en tenir à la réglementation

Laurent Wauquiez devant le dispositif de prise de température installé au lycée René Descartes à Saint-Genis-Laval
Laurent Wauquiez devant le dispositif de prise de température installé au lycée René Descartes à Saint-Genis-Laval © AFP / Hans Lucas / Nicolas Liponne

Entre le 11 mai et la fin du mois de juin, beaucoup d'entreprises ou d'administrations ont installé, à l'entrée de leurs locaux, des caméras thermiques. Des capteurs disposé le plus souvent sur des tablettes qui permettaient de prendre et de communiquer la température de la personne testée en temps réel. Un dispositif destiné à limiter les risques de transmission de la Covid-19 et à rassurer les salariés de retour, pour certains, au travail. 

Depuis une décision du Conseil d'Etat d'interdire l'utilisation de caméras thermiques dans des écoles d'une commune de l'Essonne et un avis de la CNIL destiné à encadrer leur utilisation dans le respect de la RGPD, les conditions d'utilisation de ce type de caméras sont devenues plus précises et beaucoup d'entreprises et d'administrations ont préféré abandonner, car elles ne peuvent plus stocker ni diffuser les données et doivent s'assurer du consentement de la personne testée et justifier de la proportionnalité de la mesure.

Des restrictions qui n'ont pas effrayé la région Auvergne Rhône-Alpes qui depuis mardi expérimente ce type de dispositif à l'entrée de trois lycées. Un cadre expérimental donc, qui ne nécessite pas d'informer la CNIL. Le président de la région, Laurent Wauquiez, assure que son dispositif  respecte les préconisations du gendarme du numérique, à qui il demande pourtant, en cas de généralisation, de la souplesse : "On ne stocke pas les données. Seul l'élève est informé de sa température et c'est sur une base de volontariat, explique Laurent Wauquiez. C'est évident que si on veut généraliser le dispositif et lui donner sa pleine utilité, il faudra qu'on ait un accompagnement de la CNIL et qu'elle nous ouvre des marges de manœuvre un peu plus importantes. Mais ce que je souhaite, c'est que l'on ne soit pas bloqué par des règles juridiques qui aujourd'hui n'ont plus de signification. Je pense que l'on a tous intérêt à avancer."

Avancer oui, mais pas à n'importe quel prix pour le président de la Ligue des Droits de l'Homme, Malik Salemkour. C'est son association qui a saisi en juin dernier le Conseil d'État au sujet de l'installation de caméras thermiques dans les écoles élémentaires de Lisses, dans l'Essonne. Et il a obtenu  leur retrait : "On est dans un détournement d'outils pour des mauvaises raisons, dénonce Malik Salemkour On veut déceler des cas de Covid. Or, l'essentiel des jeunes est asymptomatique. L'intérêt de cette mesure est quand même à apprécier par rapport à l'impact que ça a, en terme d'accoutumance à des mesures de surveillance généralisée."

La Ligue des Droits de l'Homme étudie actuellement les actes administratifs, en vue d'une éventuelle nouvelle saisie du conseil d'État. 

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