Des chercheurs français ont mis en évidence un "effet protecteur" contre le coronavirus de certains médicaments très utilisés en psychiatrie : les antidépresseurs, les anxiolytiques, ou encore les antihistaminiques, aussi utilisés contre les allergies.

Selon des chercheurs français, anxiolytiques, antidépresseurs et antihistaminiques pourraient avoir un rôle "protecteur" contre le coronavirus.
Selon des chercheurs français, anxiolytiques, antidépresseurs et antihistaminiques pourraient avoir un rôle "protecteur" contre le coronavirus. © Maxppp / IP3 PRESS

C'est dans une étude publiée le 26 juin dans la revue scientifique Drug Discovery Today, que des équipes françaises de chercheurs et de cliniciens issus de l’Inserm, de l’AP-HP, de l’Université de Lille, de l’Université de Paris, de l’Université Paris-Est Créteil et de la Fondation FondaMental ont émis l’hypothèse que certains médicaments largement prescrits en psychiatrie pouvaient avoir un rôle "protecteur" contre l’infection à la COVID-19.

Psychiatre à l'hôpital Henri Mondor de Créteil et directrice de la fondation FondaMental, qui oeuvre dans le domaine des maladies mentales, la professeure Mario Leboyer a fait le constat dès le début de l'épidémie que les unités COVID réservées aux patients suivis en psychiatrie ne se remplissaient pas autant que les autres. "On pensait qu'il y aurait une déferlante chez nous, car certains de nos patients peuvent avoir du mal à observer les règles de distanciation, explique la médecin. Mais on a eu finalement très peu de monde."

Un traitement préventif ?

De là est venue l'idée de chercher à comprendre l'éventuel effet sur la maladie des médicaments psychotropes : antidépresseurs, antipsychotiques, anxiolytiques, régulateurs de l'humeur, et même la nicotine, bref, tous les médicaments régulièrement prescrits en psychiatrie. L'analyse de la structure chimique de ces médicaments s'est révélée étonnante : "On a trouvé que toutes ces molécules avaient des ressemblances dans leur structure chimique", détaille la professeure Marion Leboyer. "On a retrouvé dans la littérature scientifique que soit elles ont de fait une activité antivirale ; soit elles empêchent le virus de rentrer, et perturbent le trafic du virus dans les cellules. Toutes ces actions là pourraient être impliquées dans un effet protecteur contre l'entrée du virus dans les cellules."

Autrement dit, ces molécules pourraient faire office de traitement préventif, ce qui à l'heure n'existe pas contre le coronavirus SARS-CoV-2. Ce constat doit maintenant être confirmé par des tests in vitro qui sont en cours. Les médecins veulent vérifier si ces médicaments agissent bel et bien sur le virus, et mesurer si certains le font plus que d'autres. Ensuite viendront peut-être les essais cliniques, pour valider ou non ce rôle préventif. Pour établir cette sélection de médicaments, "les molécules connues pour avoir des effets secondaires négligeables" ont été privilégiées.

Les antihistaminiques utilisés contre l'allergie et régulièrement prescrits en psychiatrie pour leur effet anxiolytique sont également testés.

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