Jacques Chirac est mort ce jeudi à l'âge de 86 ans. Si lui-même ne se considérait pas comme un grand mélomane, l'ancien président de la République a inspiré de nombreuses chansons, souvent contre lui et sa politique.

Peu connu pour être mélomane, Jacques Chirac s'intéressait toutefois beaucoup aux musiques traditionnelles
Peu connu pour être mélomane, Jacques Chirac s'intéressait toutefois beaucoup aux musiques traditionnelles © AFP / Georges Gobet

Les goûts musicaux de Jacques Chirac ? On ne les connait pas, ou peu. Tout juste sait-on qu'il était un proche de Line Renaud, qu'il aimait la musique traditionnelle asiatique, et qu'il affirmait écouter les compositions de Pierre Boulez. Pour le reste, Jacques Chirac a plus inspiré de chansons qu'il n'en a évoquées. 

Les chansons de campagne

Dans les années 70 et 80, toute bonne campagne électorale se devait d'avoir sa chanson de campagne. Et Jacques Chirac n'a pas dérogé à la règle, par deux fois. En 1977 pour la campagne de la mairie de Paris, l'équipe du candidat fait appel à une ancienne gloire des yé-yé, Michel Paje (devenu aujourd'hui l'une des voix-off de BFMTV), avec une valse très "chanson française" autour de la capitale.

Changement radical en 1981 : le compositeur Pascal Stive signe un titre disco devenu culte, "Jacques Chirac Maintenant". Celui-ci, kistch au possible, est devenu culte, notamment remis au goût du jour par Arte Radio avec des extraits de discours de l'homme politique. 

Les parodies

En 2002, Belle Campagne, un "collectif" totalement inconnu, sort deux CD pendant la campagne présidentielle, l'un à l'effigie de Lionel Jospin, l'autre de Jacques Chirac. Sur ce dernier, un étrange titre, une rumba reprenant des extraits de discours de Jacques Chirac, légèrement modifiés, pour faire "chanter" le président sortant sur cette mélodie entêtante et dandinante. 

Les Guignols y sont aussi allés de leur propre parodie, en reprenant le titre "Les Ripous" de Gomez et Tavares pour une parodie évoquant les nombreuses affaires dans lesquelles le couple Chirac est empêtré. 

On peut aussi citer, du côté des imitateurs, la chanson de Jean Roucas qui reprend en 1977 Rockcollection de Laurent Voulzy, renommé Chiracollection. Passable, pour l'imitation comme pour le texte. 

Enfin, sans être totalement une parodie, Jacques Chirac a eu droit à un hommage par Patrick Sébastien, à sa façon. Dans une chanson sortie en 2017, il cite "le grand Jacques", dit-il, avec un titre nommé "Ca m'en touche une (sans faire bouger l'autre)", référence à une formule attribuée à l'ancien président. Le chanteur humoriste n'en est pas à son coup d'essai : au début des années 90, il avait fait un titre ressemblant à "Bo le Lavabo" de Lagaf' avec une imitation de Jacques Chirac, pour en faire "Il est beau Jacques Oh"

Enfin, Khaled Freak, spécialiste du détournement en musique sur Internet, a brièvement "remixé" Jacques Chirac également, dans un extrait où celui-ci évoquait la poudre de perlimpinpin... bien avant Emmanuel Macron

Les chansons engagées

Chirac a inspiré assez peu de chansons françaises qui ne soient pas engagées (à l'exception peut-être de "Dernier foot sous Chirac", une chanson d'Aldebert). Ainsi, en 1996, le groupe toulousain Zebda, avant de cartonner auprès du grand public avec son "Tomber la Chemise", se fait connaître en reprenant une formule controversée de Jacques Chirac, "Le Bruit et l'Odeur". 

Un peu plus tôt, en 1987, le groupe Bérurier Noir imagine une scène dans laquelle les membres du gouvernement en prennent pour leur grade, le Premier ministre Jacques Chirac en tête. "Et hop, Chirac prend un coup d'matraque", entend-on dans le refrain de cette chanson énervée. 

Dans son album "Debout, les yeux ouverts", le groupe Sinsemilia propose un titre bien plus explicite. Aux paroles "Ici c'est chez toi", on répond "Oui mais tu fermes ta gueule". Et le refrain est on ne peut plus explicite : "Bienvenue en Chiraquie, démocratie s'fait monarchie". Le groupe se fait remarquer en remplaçant une prestation en direct de son tube "Tout le bonheur du monde" par cette chanson, en direct dans le journal de 13h de France 2.

Mais le titre le plus connu est certainement celui du groupe Les Wampas, intitulé "Chirac en prison". L'objectif du chanteur Didier Wampas ? Voir si la censure existe toujours en France. Il a rapidement sa réponse : pas de vraie censure mais une auto-censure de toutes les radios, qui refusent de passer le disque, à l'exception de OuiFM et du Mouv'. Les Guignols ont offert à la chanson un clip, dans lequel on voit effectivement Chirac embarqué par un camion de police. 

La mixtape branchée

Bien après la fin de son second mandat, Jacques Chirac, devenu icone pop (voire hipster), a eu droit à de nombreux hommages... y compris en musique. Dans une de ses "mixtapes" publiées régulièrement, le collectif Bon Entendeur, connu notamment pour son remix du titre "Le temps est bon", a recyclé des extraits de discours et d'interviews de Jacques Chirac pour en faire une longue oeuvre musicale où la voix de l'ancien président se mêle à des rythmes électroniques et quelques anciens titres, comme "Douce France" de Charles Trenet.

... et la quéquette à Jacques Chirac.

Ce n'est ni une parodie ni une chanson engagée... mais on ne pouvait faire l'impasse sur ce titre inclassable qui a malgré tout collecté plus de trois millions de vues sur YouTube depuis 2016. Dans ce titre, le youtubeur Maxenss - sous le nom Maxoulezozo rend hommage à tous ces jeux et ces répliques de cour d'école des années 90. Et parmi eux, la "boîte à quéquette de Jacques Chirac". On vous a dit : inclassable.

Et dans les inclassables, on ajoutera ce titre du groupe de metal humoristique Ultra Vomit, dont le seul texte est "Jacques Chirac". Le titre du morceau ? "Jack Chirac". Evidemment. 

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