Alors que l'hôpital public se mobilise pour dénoncer le manque de moyens, une enquête BVA publiée dimanche par France Assos Santé, organisme qui fédère les associations de patients, montre que les deux tiers des Français ont déjà renoncé à des soins pour des raisons d'argent ou de démographie médicale.

Les Français habitants la campagne mettent près d'une heure pour pouvoir se rendre chez l'ophtalmologiste, après avoir attendu le rendez-vous durant des mois
Les Français habitants la campagne mettent près d'une heure pour pouvoir se rendre chez l'ophtalmologiste, après avoir attendu le rendez-vous durant des mois © AFP / Fidelite Productions / Jean CLau / Collection ChristopheL

Ça va mal, à l'hôpital. Jeudi, les médecins et soignants manifestaient pour réclamer un "plan d'urgence pour l'hôpital public", dénonçant partout en France un manque de moyens et réclamant une hausse des effectifs et de meilleurs salaires. Mais ça va mal aussi du côté des patients. Selon une enquête BVA, publiée dimanche par France Assos Santé, organisme qui fédère les associations de patients, 63 % des Français ont déjà renoncé ou reporté des soins. Pour des raisons financières, à cause d'un reste à charge trop important, ou une impossibilité d'avancer les frais surtout chez les jeunes et les revenus nets inférieurs à 1 500 euros.

Manque de médecins, délais trop importants

D'autres ont préféré renoncer pour des raisons d'accès au médecin, aussi avec des délais de rendez-vous trop longs ou tout simplement un manque de médecin pas trop loin de son domicile. Par exemple, un quart des personnes interrogées expliquent qu'il leur faut plus de trois mois de délai pour un rendez-vous de dermatologie. En terme de distance, les Français habitants la campagne expliquent mettre près d'une heure pour pouvoir se rendre chez l'ophtalmo. Sur le coût de l'accès au soin, 67% des Français se disent couramment confrontés a du dépassement d'honoraire. 

Les urgences, le dernier endroit gratuit et accessible

Un renoncement aux soins qui a ses conséquences : anxiété, angoisse, majoration des symptômes et hospitalisation d'urgence. L'urgence, comme dernier abri : le manque de médecin, relève l'étude, a déjà conduit 20 % des Français et 25 % des malades chroniques à se rendre aux urgences pour une prise en charge. 

Les maisons médicales de garde, auxquelles on peut se rendre aussi en cas d'urgence, restent assez méconnues : la moitié des personnes interrogées n'en ont jamais entendu parler.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.