Le suicide de Christine Renom en septembre 2019 avait mis la lumière sur leur surcharge de travail. La crise sanitaire n'a fait qu'accroître leurs missions. Le syndicat de enseignants SE-Unsa lance "la semaine de la direction d'école", une campagne d'information.

Le syndicat de enseignants SE-Unsa lance "la semaine de la direction d'école"
Le syndicat de enseignants SE-Unsa lance "la semaine de la direction d'école" © AFP / Myriam Tirler / Hans Lucas /

Le syndicat de enseignants SE-Unsa alerte par le biais de sa campagne sur les réseaux sociaux et dans les différents départements sur la situation des directeurs et directrices d'écoles. 

Les directeurs et directrices étaient déjà débordés, ils sont complètement submergés depuis le début de la crise sanitaire. Leur charge de travail s'est encore alourdie : ils doivent notamment recenser les cas de Covid, changer l'organisation de l'école à chaque nouveau protocole sanitaire. Ils doivent en même temps continuer à assurer la classe pour la plupart d'entre eux. Ils bénéficient d'une décharge en fonction de la taille de leur école. 

75% des directeurs et directrices se disent épuisés

Un sondage Ifop, réalisé auprès de 300 directeurs et directrices d'écoles entre le 25 février et le 8 mars 2021, montre que 75% d'entre eux disent qu'ils s'épuisent, même s'ils considèrent à 87% que leur mission a du sens et qu'ils pensent la réussir à 96%. Caroline Decroix est directrice d'une école primaire à Marck-en-Calaisis, dans le Pas de Calais, depuis 15 ans. Elle n'a qu'une journée de décharge par semaine pour effectuer toutes les tâches administratives. 

Après un an de crise sanitaire, elle se dit épuisée : "Actuellement avec l'accumulation des missions, on a l'impression d'être surmené en permanence, de devoir tout gérer en même temps. On a des injonctions qui arrivent les unes à la suite des autres et qui parfois se contredisent. On est sur la brèche tout le temps, on a l'impression de devoir bâcler certaines choses pour réussir à tenir les délais. On est à la fois directeur et enseignant. C'est compliqué parfois de cumuler les deux."

Une amélioration du système de décharges et une prime annuelle de 450 euros brut par an ont été actées mais le nouveau système de décharges ne concernera pas les écoles de taille moyenne comme celle de Caroline Decroix, qui précise que "les deux -tiers des directeurs n'y auront pas droit". 

Beaucoup pensent à jeter l'éponge

Beaucoup de directeurs pensent à quitter leurs fonctions : 26% d'après le sondage Ifop. Amaia Bernard, directrice d'une école maternelle en Seine-St-Denis, et du syndicat Se-Unsa, songe même de plus en plus à quitter l'Éducation nationale et elle n'est pas la seule à vouloir jeter l'éponge. Elle raconte que parmi ses collègues autour de son école, elle en a déjà deux qui lui ont dit : "Vraiment là, je réfléchis à repartir dans la classe, parce que je n'en peux plus. On m'en demande trop et ça devient trop compliqué pour moi et au moins en classe, j'étais plus tranquille avec mes 25-30 élèves". 

Le malaise était déjà bien présent depuis plusieurs années. La crise sanitaire ne fait que précipiter les choses. Les dernières mesures, comme la prime de 450 euros par an et les nouvelles décharges, ne suffiront pas à inverser la tendance. 

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