Trois guerres en 70 ans ! Il fallait au moins un traité de coopération pour renouer des relations pacifiques entre la France et l'Allemagne.

Le 22 janvier 1963, le président français Charles De Gaulle et le chancelier allemand Konrad Adenauer signent dans le salon Murat de l’Elysée un accord ambitieux : le traité de l’Elysée

Charles de Gaulle : "Il n'y a pas un homme dans le monde qui ne mesure l'importance capitale de cet acte". Le chef d'État voulait ce traité dans l'optique de créer l'Europe politique, et contrer l'hégémonie américaine. Écoutez le reportage radio du jour de la signature (extrait de l'émission Les jours du siècle du 24 janvier 1997/ archives INA) :
Mais peine perdue, six mois plus tard, le traité est presque enterré pour une durée de 10 ans ! ### Un traité à peine né, déjà caduc : En RFA (République Fédérale d’Allemagne), le camp d’Adenauer est divisé entre atlantistes (pro-USA) et pro-Européens. En juin 1963, les députés allemands signent un préambule au traité. De Gaulle affirmera à propos de ce traité amoindri par le vote des élus : «Je suis resté vierge », sous-entendant que le mariage entre les deux États n’avait pas été consommé. Les explications de [Corinne Defrance](http://irice.univ-paris1.fr/spip.php?article114), historienne, directrice de recherche au CNRS, spécialiste des relations franco-allemandes.
Mais, au fait, que contient ce traité ? Une première partie organise les consultations entre les ministres, les hauts-fonctionnaires… La seconde, prévoit la coopération en matière d'Affaires étrangères, de Sécurité et de Défense, et d'Éducation. Mais l’économie est absente, et plus étonnant : le mot culture n’y figure pas ! Pour des motifs pas très orthodoxes, d’ailleurs.
Traité 2
Traité 2 © Ministère des affaires étrangères
Le traité ne fut pas appliqué tout de suite, faute d’adhésion côté allemand. Pourtant tout avait été bien préparé : rencontre en amont dans la résidence privée du Général De Gaulle à Colombey-les-Deux-Eglises, visites officielles du président français en Allemagne, et du chancelier allemand en juillet 1962 à Reims... Les précisions de Corinne Defrance :
Ci-dessous une vidéo du discours (en allemand !) de De Gaulle à la jeunesse à Ludwigsburg en RFA : Seule réussite immédiate, la création de l’OFAJ (office franco-allemand de la jeunesse). Il permit à des générations de jeunes Français et d'Allemands de se rencontrer. Il faudra, 10 ans plus tard, l'arrivée au pouvoir d'une nouvelle génération de chefs d'État (Valéry Giscard d'Estaing et Helmut Schmidt) pour que le processus de rapprochement entre les deux pays se relance. Aujourd'hui, c’est toujours dans ce cadre que s’organisent les relations entre les deux pays.
l'essentiel de 50 ans d'amitié Franco-Allemande