Yves Corneloup est un magistrat respecté, dont la parole publique est extrêmement rare. L’homme ne s’est jamais exprimé devant un micro.

Juge d’instruction pendant 14 ans (de 1973 à 1988). Président de la Cour d’assises de Paris pendant onze ans (de 1989 à 2000), conseiller à la Cour de Cassation depuis maintenant 10 ans.

Yves Corneloup a également la particularité d’avoir été l’un des quatre juges d’instruction (de 1984 à 1988) de l’affaire Boulin , du nom du ministre Robert Boulin retrouvé mort dans d’étranges circonstances en octobre 1979.

L’instruction judiciaire pour « homicide volontaire » s’est conclue par un non lieu en 1991 (confirmé en 1992 par la chambre d’accusation de la Cour d’appel de Paris) mais la famille Boulin conteste toujours la version du suicide. D’où sa demande d’expertises ADN, en mars 2010, sur certains scellés du dossier Boulin. Une demande rejetée, trois mois plus tard, par le Procureur général de la Cour d’appel de Paris, François Faletti. Le Procureur général avait également refusé de rouvrir une information judiciaire.

Aujourd’hui, au micro de France Inter, Yves Corneloup se prononce en faveur de tests ADN sur les scellés du dossier Boulin, afin de connaître la vérité dans cette affaire.

Le magistrat estime également que la désignation d’un juge d’instruction, « garantie d'indépendance », s’impose dans cette affaire toujours controversée, plus de 30 ans après les faits...

Mise en ligne du dossier : Valeria Emanuele

l'essentiel de Affaire Boulin : un haut magistrat veut des analyses ADN