Pour la première fois depuis le début de l’affaire de pseudo-espionnage (qui s’est dégonflée après l’enquête de la DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur), Dominique Gevrey, ancien responsable du service de sécurité de Renault, mis en examen pour "escroquerie en bande organisée" et écroué depuis le 13 mars 2011 , donne, par écrit, "sa version" des faits.

Il est soupçonné d’avoir contribué à une escroquerie au renseignement en faisant accuser à tort d’espionnage industriel trois cadres du constructeur automobile. Depuis, Michel Balthazard, Matthieu Tenenbaum et Bertrand Rochette ont été lavés de tout soupçon et indemnisés, ainsi qu’un quatrième salarié, Philippe Clogenson, licencié en 2009 dans des circonstances similaires. Et Patrick Pélata, le bras droit du PDG de Renault Carlos Ghosn, a été relevé de ses fonctions de directeur général délégué.

Depuis la prison de la Santé où il est actuellement détenu, Dominique Gevrey, un ancien militaire de la DPSD (Direction de la protection et de la sécurité de la défense) a répondu par écrit à nos questions à travers un long mémo, qu’il a enrichi au fil de sa détention. Il reprend la chronologie de cette affaire, depuis l’envoi de la lettre anonyme, en août 2010, jusqu’à la saisine de la DCR. Un mémo dont deux courts extraits ont déjà été rendu public, le 10 avril dernier, dans les colonnes du Journal du Dimanche.

Une version qui n’épargne pas la direction de Renault, et notamment l’ancien directeur de la sécurité du constructeur, Rémi Pagnie (ancien membre de la DGSE, proche de Carlos Ghosn), depuis démis de ses fonctions.

l'essentiel de Dominique Gevrey : ma version de l'affaire Renault
pour aller plus loin