Ils ont fui la guerre, la famine, la misère pour rejoindre des territoires moins hostiles. Ils quittaient l’Afghanistan il y a dix ans. Aujourd’hui, les migrants quittent l’Ethiopie, l’Irak, l’Erythrée, ou la Syrie. Parfois pour prendre la route de l’Europe, des milliers de kilomètres plus loin, par delà la Méditerranée. Ou plus près, dans des camps d’infortune, par exemple en Ethiopie. Avec, au bout de leur chemin d’exil, la faim, les hébergements de fortune, la défiance ou le rejet.

3.000 migrants morts entre 2000 et 2013

Dans le monde, plus de 51 millions de personnes ont fui leur terre d'origine. En chemin, entre 2000 et 2013, plus de 23.000 migrants seraient morts, selon l'enquête Migrant Files, en tentant de rejoindre l'Europe.

A la fin 2013, plus de 51 millions de personnes avaient fui leur terre d'origine
A la fin 2013, plus de 51 millions de personnes avaient fui leur terre d'origine © Radio France

La Méditerranée concentre les bilans noirs : entre janvier et septembre 2014, 3.072 migrants ont trouvé la mort dans la zone .

Des milliers de migrants morts en Méditerranée
Des milliers de migrants morts en Méditerranée © Idé

La plupart d'entre eux, originaires d'Afrique et du Moyen-Orient , se seront noyés, ou sont morts de faim, de froid ou d'asphyxie. 4% d’entre eux ont trouvé la mort sur la route qui relie l’Afrique à Lampedusa, 3,4% sur le trajet grèce-Turquie, 3% sur l’axe Canaries-Espagne.

"Mos Maiorum" et la traque européenne

Quand ils parviennent sur le sol européen, les migrants sans-papiers doivent affronter le mur d’hostilité des autorités européennes . En témoigne par exemple l’opération Mos Maiorum , destinée à organiser la traque des sans papiers et des filières d'immigration clandestine.

Hal Far, au sud de l'ile de Malte, l'un des nombreux camps ouverts, offre aux migrants un abri de préfabriqués
Hal Far, au sud de l'ile de Malte, l'un des nombreux camps ouverts, offre aux migrants un abri de préfabriqués © Radio France / Jean-Marie PORCHER

Un coup de filet programmé du 13 au 26 octobre qui vise, selon le document adopté par le conseil des ministres de l’Union européenne, à "appréhender les migrants en situation illégale " pour les "identifier" et "affaiblir les organisations criminelles de passeurs".

L'entrée d'un centre d'hébergement sur l'île de Malte
L'entrée d'un centre d'hébergement sur l'île de Malte © Radio France / Jean-Marie PORCHER

Avec, en bout de course, le retour à la case départ : au terme de l’opération, les migrants en situation irrégulière sont renvoyés dans leur pays d'origine, si ce dernier à signé une convention de réadmission avec l'UE. Si la convention n’existe pas, ils pourront être placés en rétention, pour des durées variables selon les pays, ou laissés en liberté avec avis d'expulsion.

Ce type d'intervention est réalisé tous les six mois par le pays qui assure la présidence semestrielle des réunions ministérielles de l'UE. La Grèce l'avait nommée Aerodromos ("aéroport "). L’Italie, elle, a choisi de l'intituler Mos Maiorum. En référence au concept romain de "moeurs des anciens ", à défendre contre la décadence et la barbarie.

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