Lucas Papademos à la tête d'un gouvernement d'union

Derrière le Premier ministre, ancien vice-président de la BCE, la plupart des poids-lourds du parti socialiste ont conservé leur portefeuille. Ainsi, Evangélos Vénizélos reste aux Finances.

Ce gouvernement de coalition comprend toutefois un membre du principal parti de droite, Nouvelle-démocratie.

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papademos © Reuters

L'ancien commissaire européen à l'Environnement Stavros Dimas, 70 ans, décroche le poste de chef de la diplomatie.

L'extrême droite est aussi représentée, pour la première fois depuis la chute de la dictature des colonels en 1974 : Makis Voridis a été nommé ministre des Transports, et Adonis Georgiadis au secrétariat d'Etat au développement et à la Marine marchande.

La personnalité de Lucas Papademos rassure les marchés financiers. Bertrand Gallicher.

Coalition de crise

La composition et l'installation du gouvernement ont donc pris cinq jours suite à l'accord politique de dimanche soir. Les deux principaux partis politiques grecs avaient accepté de former un gouvernement d'union nationale, à la condition que George Papandréou démissionne comme il s'y était engagé.Le nouveau gouvernement devra "mettre en oeuvre" le plan européen anti-crise décidé à Bruxelles fin octobre, avant des élections anticipées, a annoncé la Présidence de la république grecque après une rencontre entre le leader de l'opposition de droite Antonis Samaras et le Premier ministre socialiste George Papandréou à la résidence du Président de la République Carolos Papoulias.Les deux partis sont également tombés d'accord pour convoquer des élections législatives anticipées le 19 février. Si cet accord écarte pour un temps le risque de faillite du pays, le soulagement devrait être de courte durée, estiment les analystes.

Les précisions de Sébastien Baer

Les Grecs sont resté très prudents après cette annonce.

Réactions sur la place principale d'Athènes, recueillies par Vanessa Descouraux

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Le Parlement grec accorde sa confiance à Papandreou

Une majorité de trois voix a suffi.

Le chef du gouvernement doit maintenant former un gouvernement de coalition, mais l'opposition parait toujours divisée.

Le leader de Nouvelle Démocratie, le principal parti d'opposition de droite, a regretté, après le vote, que Papandreou n'ait pas démissionné. Antonis Samaras continue de demander des élections anticipées.

En revanche, les dirigeants du parti d'extrême droite LAOS et de l'Alliance démocratique de centre droit ont dit qu'ils seraient prêts à coopérer au sein d'une nouvelle coalition.

Georges Papandréou doit se rendre samedi chez le Président de la République "pour que nous nous mettions d'accord sur la composition d'un gouvernement de consensus et savoir qui va le diriger" a annoncé le Premier Ministre.

Avant le début du vote, à la tribune de la Vouli, le Parlement, Georges Papandréou appelle à la formation d’un gouvernement d’union nationale avec des objectifs, un calendrier et des personnalités "nous devons nous mettre d’accord sur qui serait à sa tête" a dit le chef du gouvernement.

Des élections seraient catastrophiques, a dit à nouveau le Premier Ministre, car "elles compromettraient le plan de sauvetage européen".

Georges Papandréou a affirmé que l'accord européen est "déterminant pour l'avenir du pays".

Sébastien Baer

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Athènes abandonne son projet de référendum

C'est vendredi, après une nuit de négociations et de tractations, que le ministre des finances grec Evangelos Venizelos a enfin annoncé aux chefs de file de la zone euro que le projet de référendum est officiellement abandonné.

« Je ne suis accroché à aucun fauteuil. Ce qui m'intéresse est de sauver la patrie », a finalement déclaré jeudi soir le chef du Gouvernement. La demande s’était faite pressant toute la journée, que ce soit dans le camp de Papandréou que dans celui l’opposition.

Papandreou aura reussi à faire en sorte que Nouvelle Démocratie, le principal parti d'opposition de droite, accepte le plan européen de sortie de crise, qu'il dénonçait farouchement jusque là.

Antonis Samaras a fini par accepter la formation d'un gouvernement de transition destiné à ratifier le nouvel accord européen, en échange de la convocation rapide d'élections législatives anticipées.

Sébastien Baer

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### Le premier ministre se rèvelera-t-il au bout du compte comme le plus fin des stratèges ? En 72 heures il aura annoncé un référendum qui a crée la surprise jusque dans son propre gouvernement, affolé l’Union européenne et semé la panique sur les places boursières. Il se sera fait tancer par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel à Cannes mercredi, à la veille du G20. Le président français et la chancelière allemande avertissaient la Grèce que la sixième tranche de l'aide européenne serait versée à la mi-décembre uniquement si Athènes adoptait l'ensemble du plan européen et donc si les Grecs votaient oui à un référendum organisé plus tôt que prévu –le 4 décembre-, et sur une question différente « est-ce que la Grèce veut rester dans la zone euro, oui ou non ». Et alors que Georges Papandreou a tout le pays contre lui et que même dans son parti et dans son gouvernement le Premier ministre est ouvertement critiqué au point de ne pas être en mesure d’obtenir la confiance, il parait avoir réussi à sauver un plan d'aide dans l'opposition jurait qu'elle ne l'accepterait jamais. ### Georges Papandreou « Je crois, en ce moment historique, que les partis politiques peuvent se mettre d'accord » **Jeudi, lors du conseil des ministres, le Premier ministre déclare que si l'opposition accepte de soutenir au parlement l'accord conclu avec l'Europe sur le sauvetage financier du pays, il renoncera à organiser le référendum** . Il mandate deux hauts responsables du Pasok pour négocier avec l'opposition. Georges Papandreou, toujours opposé la tenue des législatives anticipées que l’opposition et des membres même de son parti réclament et donc à la mise en place d’un gouvermement de transition, penche pour un gouvernement d’union nationale. _A Athènes, Angélique Kourounis_
Jeudi, au terme d'une incroyable journée, Georges Papandreou s’est s'exprimé devant son groupe parlementaire. Pour le Premier ministre, « un rejet du plan via un non à un référendum, la tenue d'élections ou une absence de majorité en faveur du plan, signifie la sortie de l'euro ». Le ministre grec des Finances Evangelos Venizelos exhorte les députés socialistes à voter la confiance au gouvernement vendredi et demande à George Papandreou d’annoncer officiellement qu’il renonce à organiser le référendum. _Babis Papadimitriou, journaliste au quotidien de centre-droit I Kathimerini, interrogé par Angélique Bouin_
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### L’opposition tient bon sur sa demande de gouvernement de transition et de législatives anticipées En fin de journée, le gouvernement et l'opposition, qui avaient fait un grand pas l'un vers l'autre au cours de la journée, s'éloignent à nouveau. Au cours d'un débat parlementaire censé préparer le vote de confiance au gouvernement de vendredi, les hostilités reprennent. Le leader de Nouvelle Démocratie réclame la démission de George Papandreou et la tenue d'élections législatives anticipées dans un délai de six semaines. ### Georges Papandreou pourrait démissionner
Papandreou accepterait de démissionner s'il obtient la confiance
Papandreou accepterait de démissionner s'il obtient la confiance © reuters
Selon Reuters, le chef du gouvernement aurait conclu un accord avec ses ministres. Georges Papandreou se serait s'engagé à démissionner et à laisser la place à un gouvernement de coalition si ses ministres l'aident à remporter le vote de confiance au parlement grec. Cet accord aurait été négocié sous la conduite du ministre des Finances, Evangelos Venizelos. ### Papandreou revient de loin… Pour le chef du gouvernement cette journée folle aura marqué au moins une demi victoire et en tous cas pas un échec. _L'analyse d'Angélique Kourounis_
[![Partager](/sites/all/themes/fi_player_theme/img/spacer.png)](/player/embed-share?content=208857 "Intégrer ce player sur mon site") **A Cannes, au G20** , Nicolas Sarkozy, considère que le « message adressé mercredi soir par l'Allemagne et la France à la Grèce a permis une prise de conscience ». Angela Merkel a été plus dure en prévenant la Grèce qu'elle attendait des actes plutôt que des annonces.
l'essentiel de Grèce : et maintenant ?