Le Conseil de sécurité de l'ONU se réunit lundi 26 septembre à partir de 21h00 (heure de Paris), pour commencer l'examen de la candidature palestinienne d'adhésion aux Nations unies. Le vote devrait prendre environ quatre semaines, peut-être plus, les tractations en tous genres ont commencé.

Pour que leur demande puisse faire l'objet d'une "recommandation" du Conseil à l'Assemblée générale de l'ONU, les palestiniens doivent obtenir au moins neuf voix sur quinze au Conseil de sécurité. Ensuite l’Assemblée générale pourra se prononce à son tour par un vote.

Six membres du Conseil de sécurité ont déjà dit qu'ils approuvaient la demande palestinienne: Chine, Russie, Brésil, Inde, Liban et Afrique du Sud.

La Colombie a annoncé qu'elle s'abstiendrait. D'autres membres sont indécis ou n'ont pas révélé leur position : Grande-Bretagne, France, Allemagne, Nigeria, Gabon, Bosnie et Portugal.

Les Etats-Unis, membre permanent du Conseil, ont promis d'opposer leur veto, mais espèrent pouvoir l'éviter pour ne pas dégrader encore plus leur image au Moyen-Orient.

Mahmoud Abbas
Mahmoud Abbas © Reuters / Eric Thayer

Vendredi, sous les applaudissements, Mahmoud Abbas a brandi à la tribune de l'ONU la demande d'adhésion d'un Etat de Palestine

Celui qu’on prenait pour le "fonctionnaire de la cause palestinienne" a réussi à faire revivre l’émotion suscitée par Yasser Arafat à la tribune des Nations Unies en 1974. Le chef de l’OLP avait alors déclaré à l'Assemblée générale : « Je suis venu porteur du rameau d'olivier et du fusil du révolutionnaire, ne laissez pas le rameau tomber de ma main ».

A son tour à la tribune, Mahmoud Abbas a plaidé pour l’autonomie et la souveraineté de son peuple « Après 63 ans de souffrance, assez, assez, assez ! Il est temps pour le peuple palestinien d'obtenir sa liberté et son indépendance », a-t-il affirmé, en référence à la "Nakba" (la catastrophe), qu’à représenté l'exode de centaines de milliers de Palestiniens qui a suivi la création d'Israël.

Le président palestinien, chassé à l'âge de 13 ans de sa ville natale de Safed en Galilée qui se trouve aujourd'hui en territoire israélien, a expliqué aux délégués « Certains pensent que nous sommes un peuple de trop au Moyen-Orient et d'autres qu'il manque un Etat qui doit être créé. C'est un moment de vérité et mon peuple attend de connaître la réponse du monde", a lancé le président palestinien à l'Assemblée générale. « Permettra-t-il à Israël de poursuivre son occupation, la seule occupation au monde? ».

Mahmoud Abbas

[![Partager](/sites/all/themes/fi_player_theme/img/spacer.png)](/player/embed-share?content=176307 "Intégrer ce player sur mon site") ### « Je tends la main au peuple palestinien », a dit Benjamin Netanyahu s'exprimait quelques instants après Mahmoud Abbas Pour le Premier ministre israélien, Israël et les Palestiniens ne parviendront pas à la paix par le biais de résolutions aux Nations unies, mais uniquement grâce à la négociation. « Les Palestiniens devraient d'abord conclure la paix avec Israël puis obtenir leur Etat » a annoncé Benjamin Netanyahu qui a réitéré l'une des exigences israéliennes : « Le moment est venu pour les Palestiniens de reconnaître qu'Israël est l'Etat juif », a-t-il dit. Les pourparlers de paix directs sont interrompus depuis un an. Les Palestiniens se sont retirés des discussions en raison du refus du gouvernement israéliens de prolonger un moratoire sur de nouvelles constructions en Cisjordanie. ### **Mahmoud Abbas ovationné par des milliers de sympathisants à son retour dimanche à Ramallah** Arrivé à la Mouqataa, le siège de la présidence de l'Autorité palestinienne, il s'est rendu sur le tombeau de Yasser Arafat. « Nous sommes allés à l'ONU en portant vos espoirs, vos rêves, vos ambitions, vos souffrances, votre vision et votre désir pour un Etat palestinien indépendant », a-t-il souligné. « On dit qu'il y a un Printemps arabe. Mais il y a aussi un Printemps palestinien, ici même, un printemps du peuple et une résistance pacifique jusqu'à ce que notre but soit atteint », a promis Mahmoud Abbas, dont la popularité est en nette augmentation depuis son voyage à New-York. _Grégory Philipps_
### Benjamin Netanyahu voit lui aussi sa popularité grimper en flèche Dans une enquête parue lundi, la cote du Premier ministre israélien passe de 32% à 41%, par rapport au précédent sondage effectué il y a deux mois, en pleine effervescence sociale contre la baisse du pouvoir d'achat.
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