L'Italie n'est pas la Grèce, mais elle risque de connaître les mêmes difficultés. Sa dette publique s'élève à 1.900 milliards d'euros, soit environ 120% de son PIB. Rome paie de plus en plus cher l'argent emprunté, autour de 7%. Le renforcement des capacités d'intervention du FESF n'a pas enrayé cette hausse des taux d'intérêts. Quant à Berlusconi, il laissera un vide politique. L'Italie sait ce qu'elle laisse derrière elle, mais elle ignore ce qui l'attend.

Une nouvelle page s’est ouverte dimanche 13 novembre, Mario Monti a été chargé par le Président Giorno Napolitano de former un nouveau gouvernement.

L'ex-commissaire européen doit ensuite obtenir la confiance des deux chambres du parlement dans un délai de dix jours.

Pour Mario Monti l'Italie doit donner à ses enfants un avenir concrèt de disgnité et d'espérance traduction Anaïs Feuga

La presse semble apprécier la nomination de Monti. Elle titre ce matin sur « L’autre Italie ». La Stampa souligne tout de même « la responsabilité collective » des italiens. « On entend parler de libération nationale, comme si était tombé un dictateur qui aurait à lui seul ruiné le pays. Il existe une responsabilité non seulement individuelle mais aussi collective pour la situation économique actuelle ».

Mario Monti devrait mettre en place des mesure anticrise et annoncer rapidement un nouveau tour de vis budgétaire. Premier chantier : la réforme des régimes de retraite et la libéralisation du marché du travail.Il pourrait rétablir la taxe foncière et instaurer l’impôt sur la fortune. L’Italie devra également procéder à la cession de biens immobiliers publics.

Lundi soir Mario Monti a demadé aux marchés boursiers et obligataires de lui donner du temps. En "démocratie, il y a des délais précis" pour préparer un gouvernement et son programme, a-t-il dit.

Après le Sénat vendredi, la chambre des députés italienne a adopté samedi en fin d'après-midi la loi de stabilité financière

Berlusconi a donc présenté sa démission au Président de la République, sous les huées du public rassemblé pour l'occasion

Les précisions d'Anaïs Feuga

Instabilité politique

Les créanciers de l'Italie ne croyaient plus guère en la capacité de Silvio Berlusconi à réduire le déficit.

Avec le départ de Silvio Berlusconi se tourne aussi la page de sa coalition, l'une des plus solides de l'histoire récente du pays (il a gouverné huit ans en tout, dont cinq d'un bloc, un record). Seul, aucun parti ne dispose de la majorité absolue. Quel que soit son successeur, le futur président du Conseil disposera donc d'une marge de manœuvre très réduite.

Un pays sous tutelle ?

L'Italie représente 17% du PIB de la zone euro, et Bruxelles surveille la situation comme le lait sur le feu. Comme en Grèce, des inspecteurs de l'UE et du FMI surveillent l'application des réformes annoncées.

Les précisions de Pierre Bénazet.

Mais dès cet été, les Italiens avaient une idée très précise de ce qui les attendait. Le 5 août, Jean-Claude Trichet, le président de la BCE, avait écrit aux autorités italiennes pour leur demander de prendre des mesures destinées à rassurer les marchés. La révélation de ce courrier secret avait provoqué un scandale, pour son principe - la BCE n'est pas sensée faire de politique - et pour son contenu.

Francfort visait l'équilibre budgétaire dès 2013 et citait notamment une réforme des retraites. La lettre évoquait aussi, comme leviers, une baisse des traitements dans la fonction publique et la privatisation de services publics.

La hausse de la TVA et un recul de l'âge de la retraite figurent en bonne place dans le budget 2012. Les deux chambres du Parlement italien doivent l'adopter avant le 18 novembre. Sous le mandat de Silvio Berlusconi, ou de son successeur.

Mi-septembre, cette politique provoquait déjà des manifestations. Reportage d'Anaïs Feuga.

l'essentiel de Italie : la tourmente