Les investigations en cours du juge Jean-François Redonnet sur la disparition à Tahiti, le 15 décembre 1997, du journaliste Jean-Pascal Couraud (dit « JPK »), ainsi que des enquêtes connexes, sont en train de lever le voile sur l’organisation et les pratiques d’un véritable « service de renseignement », en marge de la République, au profit de l’ancien président de la Polynésie française, Gaston Flosse. De nombreux opposants, dont JPK, étaient ainsi suivis et filmés par des membres du SED (Service d’études et de documentation), un service de renseignement créé en mai 1997 auprès de la Présidence polynésienne, sous la houlette d’anciens membres de la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure) recrutés en métropole.

Plus grave : les derniers éléments du dossier démontrent que les « barbouzes » de Gaston Flosse ont été mis en place avec le feu vert des services de l’Etat, sous la présidence de Jacques Chirac, lui-même très proche de l’ex-homme fort de la Polynésie depuis les années 70 et la création du RPR.

JPK était un opposant résolu au « système Flosse », comme journaliste (rédacteur en chef aux « Nouvelles de Tahiti ») puis comme militant, chargé de communication de l’homme politique polynésien Boris Léontieff (disparu dans un accident d’avion, en mai 2004, qui suscite toujours des interrogations).

La dénonciation de certains scandales liés à Gaston Flosse aurait-t-elle pu entraîner la mort de JPK ? C’est ce que pensent aujourd’hui ses proches. Dans un communiqué récemment rendu public, le Comité de soutien pour la recherche de la vérité sur la disparition de Jean-Pascal Couraud constate que les dernières investigations « confortent progressivement l’hypothèse criminelle et permettent de mieux comprendre la chaîne des responsabilités (…)A ce stade, les témoignages et documents qui continuent à être recueillis dans le cadre de l’enquête permettent d’envisager l’identification des responsables, exécutants et donneurs d’ordre, de l’assassinat de Jean-Pascal Couraud. »

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La piste d’un possible compte japonais de Jacques Chirac (un moment évoqué comme le mobile possible d’un homicide) n’a pas été confirmée par l’enquête, avec une réponse négative, à ce sujet, en février 2010 des autorités japonaises. Mais de nouveaux témoignages (dont certains ont récemment été rendu public par Le Monde et Médiapart) renforcent la piste d’un assassinat.

Espionnage avec le feu vert de Paris et témoignages accréditant l’assassinat de JPK : France Inter révèle de nouveaux éléments sur le tentaculaire dossier JPK.

Mise en ligne : Valeria Emanuele

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