Ouvert depuis le 8 novembre, le 18ème congrès du Parti communiste chinois va renouveler le comité permanent du bureau politique sur fond de lutte contre la corruption des cadres du parti.

Hu Jintao, 70 ans est secrétaire général du PCC depuis 2002 et président de la République démocratique de Chine depuis mars 2003. Il devrait laisser sa place à son vice-président, Xi Jinping, 59 ans. Son Premier ministre Wen Jiabao devrait être remplacé par l'actuel vice-premier ministre Li Keqiang.

Les Congrès du PCC se tiennent tous les cinq ans. Une fois sur deux, les hauts-dirigeants laissent la place à des cadres plus jeunes afin d'assurer la pérennité du parti qui compte aujourd'hui plus de 80 millions de membres. C'est cette opération "rajeunissement" qui doit être opérée le 8 novembre. En plus du Président et du Premier ministre, sept des neuf membres permanents du Politbureau et 60% des 370 membres du comité central vont changer. Par conséquent, c'est l'ensemble de la pyramide du PCC qui est modifiée.

Jusqu'à fin septembre, il était difficile d'y voir clair : le successeur "désigné" de Hu Jintao, Xi Jinping, a disparu pendant deux semaines sans explications claires du régime. Il a été contraint de reporter plusieurs rencontres avec des dirigeants étrangers. De source diplomatique, Xi Jinping aurait été soumis à une cure d'amaigrissement radicale. D'autre part, Le scandale "Bo Xilai", un cadre du parti de tendance néo-maoïste "purgé" a retardé l'organisation du 18ème congrès. Bo Xilai était le maire de Chongqing, une métropole de 33 millions d'habitants du sud-ouest de la Chine. Il doit être jugé pour "corruption massive" et "abus de pouvoir" dans l'affaire d'homicide volontaire concernant son adjoint ; et son épouse avocate Gu Kailai, est condamnée à la peine de mort avec sursis pour l'assassinat d'un ami de la famille britannique, Neil Heywood. Bo Xilai est aussi accusé d'avoir eu des relations sexuelles "inappropriées" avec plusieurs femmes.

Ces affaires qui remettent en cause la légitimité du régime, largement critiqué sur les réseaux sociaux, ont obligé le PCC à tenter de reprendre la main. Conséquence : le parti dit mener un combat contre la corruption de ses membres. Selon un des plus hauts dirigeants chinois, 660 000 responsables communistes ont été sanctionnés depuis cinq ans et 24 000 ont été jugés pénalement.

Lutter contre la corruption et concentrer les forces vers l'avenir, c'est la ligne suivie par le PCC chinois à la veille du Congrès. Wen Jiabao, Premier ministre jusqu'au 8 novembre dit garder l'esprit lucide :

Notre pays se trouve toujours dans le stade primaire du socialisme avec des forces productives faibles.

Un constat surprenant pour un géant économique qui possède désormais la part la plus importante dans le commerce mondial des marchandises : le PIB chinois croît chaque année d'environ 8%.

Dans sa chronique "Géopolitique" du 2 novembre, Bernard Guetta analyse la situation actuelle de la Chine. En dix ans, le pays est devenu la deuxième puissance économique mondiale ; mais l'inquiétude et le malaise grandissent en Chine :