Crise des dettes et non crise de la dette, encore moins crise de l'euro. Pourquoi ? L'Europe n'est pas un bloc économique monolithique qui vivrait de façon complétement solidaire. Les dettes des 17 pays de la zone euro ne sont pas de même ampleur et n'ont pas les mêmes causes. C'est en revanche l'escalade des pays menacés de défaut de paiement qui menace à terme la solidarité économique européenne. Trois pays européens, la Grèce, le Portugal et l'Irlande bénéficient aujourd'hui d'un programme d'aide.

L'objectif de ces prêts publiques ou mixtes est d'empêcher ces trois pays d'emprunter sur les marchés de la dette à des coûts démesurés par rapport à leurs capacités de remboursement. Malgré la mise en place de politiques de rigueur parfois dramatiques pour les populations les plus pauvres, jamais la Grèce, le Portugal ou l'Irlande n'ont réussi à rassurer les investisseurs.

Les pays de la zone euro sont toujours considérés comme viables par les investisseurs. C'est leur union qui fait leur force et ils peuvent toujours emprunter à des taux compétitifs. Aujourd'hui, les réserves financières de la zone s'élèvent à 750 milliards d'euros détenus par le fonds européen de stabilité et financées par les pays de la zone euro et le FMI. Si les aides accordées sont amenées à être augmentées, les pays devront emprunter pour alimenter le fond. Or le prix de l'emprunt dépend de la capacité de la zone à rassurer. Moins la zone euro est composée de pays viables économiquement, plus le coût de l'emprunt sera cher. Une situation qui fait craindre aux économistes une escalade de la crise de la dette.

l'essentiel de La crise des dettes en Europe
pour aller plus loin