Et si l’affaire Bettencourt finissait par rejoindre l’affaire Madoff ?

C’est aujourd’hui 30 septembre 2010 que Patrice de Maistre, le gérant de fortune de Liliane Bettencourt, doit être entendu par le juge Renaud Van Ruymbeke dans l’enquête ouverte en France sur l’affaire Madoff.

Cette gigantesque escroquerie financière, dévoilée en décembre 2008, est évaluée à plus de 50 milliards de dollars, dont au moins 500 millions d’euros en France. Aux Etats-Unis, la procédure judiciaire a tourné court : Bernard Madoff a plaidé coupable et accepté une peine de 150 ans de prison…

Le juge Van Ruymbeke cherche à comprendre le rôle qu’aurait pu jouer Patrice de Maistre, en marge de l’affaire Madoff . Liliane Bettencourt est présentée comme l’une des victimes de l’escroc américain, avec des pertes de l’ordre de 30 millions d’euros. Mais l’héritière de L’Oréal n’a pas porté plainte, contrairement à d’autres clients français de Madoff, dont l’action a entraîné l’ouverture d’une information judiciaire, en mai 2009.

Sont notamment dans la ligne de mire du juge Van Ruymbeke : l’Union des banques suisses (UBS) et la banque américaine JP Morgan Chase (ex-Chase Manhattan Bank) . Des commissions rogatoires internationales ont été lancées par le magistrat français.

Selon nos informations, dans un courrier envoyé le 13 août 2010, aux autorités britanniques par la JP Morgan Chase (sur demande du juge Van Ruymbeke), JP Morgan reconnaît avoir constaté dans des audits, entre 2006 et 2008, le « manque de transparence » des fonds Madoff . Mais la banque dément avoir découvert qu’il s’agissait d’une fraude, avant l’arrestation de Madoff…

Notre enquête met également en évidence les liens entre un avocat luxembourgeois, cité dans le dossier Madoff, et Patrice de Maistre.

Selon un ancien analyste d’ « Access International Advisors », une société travaillant avec Bernard Madoff, Patrice de Maistre aurait directement rencontré Bernard Madoff, à l’été 2008 , quelques mois avant que le scandale financier n’éclate.

Mise en ligne : Valeria Emanuele

Bandeau : Les bureaux de Madoff Investment Securities à New York © Shannon Stapleton/Reuters

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