C’est un pavé dans la mare de la santé au travail que jette aujourd’hui un homme qui fut pendant longtemps l’un des principaux rouages du système.

Gabriel Paillereau a été le délégué-général du CISME (Centre interservices de santé et de médecine du travail en entreprise) pendant 15 ans (de 1994 à 2009), après en avoir le numéro 2 depuis septembre 1987. Le CISME c'est l’organisme représentatif des 285 services interentreprises, des associations financées par les cotisations des employeurs, chargées de suivre 14 millions et demi de salariés.

En septembre 2009, Gabriel Paillereau est licencié pour « cause réelle et sérieuse » de son poste de délégué-général du CISME. Une procédure devant les prud’hommes est en cours.Ce licenciement intervient alors que Gabriel Paillereau avait critiqué auprès du MEDEF le fonctionnement d’un service de santé au travail à Toulouse, l’AMST (Association de médecine et de santé au travail), et son président, en place depuis juillet 2008. Une situation que Gabriel Paillereau connaît bien, puisque son épouse a été embauchée en octobre 2004, comme directrice de l’AMST, après avoir passé 24 ans à la tête d’un service de santé au travail à Tarbes. Elle aussi est licenciée en janvier 2009 pour « insuffisance professionnelle », ce qu’elle conteste devant les prud’hommes.

Aujourd’hui, Gabriel Paillereau sort de son silence pourdénoncer ce qui constitue à ses yeux la « dérive » de certains services de santé au travail, mais aussi critiquer les contours de l’actuelle réforme de la santé au Travail. Après l’échec des négociations en septembre dernier entre syndicats et patronat, le ministre du Travail Xavier Darcos annonce que le gouvernement proposera un texte « au cours du deuxième trimestre 2010. »

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