La confrontation entre les pros et les antis se fait de plus en plus ouvertement : le projet de nouvel aéroport du Grand Ouest, situé à Notre-Dame des Landes près de Nantes, est au cœur d’un débat houleux depuis plusieurs mois. D’un côté, les défenseurs du nouveau avancent la possibilité de désengorger l’aéroport actuel de Nantes-Atlantique et d’accueillir un plus grand trafic de voyageurs. De l’autre, une foule d’opposants, agriculteurs, élus, militants écologistes, dénoncent la construction de ce nouveau terminal. Manifestations, occupations des lieux : l’opposition est de plus en plus fréquente et régulière. Retour sur plusieurs mois de débats et de contestation.

Cela ressemble à un feuilleton aux nombreux rebondissements. Dernier épisode en date : un agent de sécurité, employé par la société Aéroport Grand Ouest, a été roué de coups dans la nuit de lundi 12 à mardi 13 novembre. Cet agent surveillait une maison acquise par le Conseil général de Loire-Atlantique, pour éviter qu’elle ne soit occupée. Il a été pris à parti par une vingtaine de personnes qui l’ont agressé et ont mis feu à sa voiture. L’Acipa, principale association d’opposants au projet d’aéroport Grand Ouest à Notre-Dame des Landes, a dénoncé cette intervention. Elle défend une mobilisation pacifique.

L’opposition s’est cristallisée sur le terrain ; ou plus exactement, sur les terrains. Des terrains rachetés par le Conseil général afin de bâtir le nouvel aéroport. Certains font partie d’une Zone d’aménagement différée, gelée par le Conseil général depuis 40 ans, et renommée par les opposants « zone à défendre ». D’autres ont été acquis plus récemment. Tous ces terrains sont occupés par des opposants, donnant lieu à une véritable guerilla entre militants et forces de l’ordre, entre expulsions et réoccupations. Restent des terrains appartenant à des agricultueurs, que ceux-ci ne veulent pas céder : jusqu’à l’épuisement des derniers recours déposés – soit au printemps prochain – ils ne pourront pas être expulsés.

La mobilisation a dépassé les frontières locales ; pendant la campagne présidentielle, Eva Joly a demandé l’abandon du projet qu’elle jugeait « absurde ». Avec l’arrivée de Jean-Marc Ayrault, jusqu’alors maire de Nantes, à Matignon, le débat s’est encore amplifié et étendu au niveau national : Jean-Luc Mélenchon, leader du Parti de Gauche, et Jean-Vincent Placé, président du groupe écologiste au Sénat, ont fait savoir qu’ils comptaient manifester aux côté des occupants le samedi 18 novembre.

La veille, vendredi 17 novembre, des élus Europe-Ecologie-les-Verts ont emprunté un bus depuis Paris pour se rendre sur place : une fois arrivés, ils ont rouvert une maison murée, rachetée par le concessionnaire en charge de la construction de l'aéroport, à proximité du site pour l'occuper. Eva Joly, José Bové, Jean-Vincent Placé, et d'autres personnalités EELV, MoDem et Front de Gauche protestent contre "l'obstination" de Jean-Marc Ayrault. Un acte "illégal mais légitime", selon José Bové.

Véronique Rebeyrotte était sur place :

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