Voici la rentrée littéraire de janvier, celle d’après septembre, celle qui n’est pas une course au prix, moins sous pression. Ici ce sera une rentrée littérale.

France Inter vous propose une phrase à emporter !

Fouillez dans vos livres, ceux de janvier ou d’avant. Il y a des phrases qui vous ont marqué, que vous avez emportées avec vous pour toujours ou pour longtemps, qui vous habitent, qui vous choquent, qui vous décoiffent. Des phrases capillotractées ou définitivement encrées dans vos réflexions les plus intimes. Ne dites rien de vous, dites-nous tout des mots qui vous touchent.

Exemple, postée le 23 janvier cette phrase de Stefan Zweig

"on peut appartenir à son peuple, mais quand les peuples sont devenus fous, on n'est pas obligé de l'être en même temps qu'eux." "La contrainte" de Stefan Zweig La phrase à emporter c'est ici que ça se passe. Ecrivez dans les commentaires. N'oubliez pas d'indiquer les noms d'auteurs et les titres des livres.

Siri Hustvedt, Vivre, Penser, Regarder, Actes Sud

Siri Hustvedt
Siri Hustvedt © Radio France

Chez Paul Auster il faut chercher la femme ; je dirais même qu'en parlant de lui, il faudrait dire désormais : "Paul Auster ? Ah oui, le mari de Siri Hustved". Se pencher sur la littérature, les essais et les critiques d'art de Siri Hustvedt relève d'une expérience riche et profonde. Elle est d'une érudition digne des plus grands esprits de son temps. De l'esprit elle en a. De la sensibilité aussi. La "femme qui tremble", pour reprendre le titre d'un de ses livres, a plus d'une corde vibrante à son arc.

Ses essais sont rassemblés dans cette publication intituléeVivre, Penser, Regarder et il y a des mois de lectures et relectures à puiser dans les sujets qu'elle aborde et dans la façon dont elle le fait. Elle part souvent de sa propre expérience, de son propre ressenti, pour essayer de comprendre et de circonscrire un sujet.

La neurologie n'a pas plus de secrets pour elle que la philosophie ou la psychanalyse et le contact des oeuvres d'art nourrit sa part sensible de telle sorte qu'elle éclaire la vie de ses lecteurs d'une douce lumière magique, sans que tout cela ne relève de l'irrationnel, mais plutôt de l'inédit et de l'inconnu en soi.

Vivre, Penser, Regarder ressemble étrangement, en tout cas pour le titre, au livre de Claude Levi-Strauss,Regarder, Ecouter, Lire. Siri Hustvedt ne renie pas cette parenté

C'est un fait que je ne pensais pas à Levi Strauss en choisissant ce titre, mais je l'ai lu et je suppose qu'il était sous-jacent dans mes pensées .... Il était subliminalement dans mon esprit.

Pour Siri Hustvedt, mémoire et imagination relèvent du même processus mental.

> _Ce je que dis, c'est que - selon les sciences comme la philosophie - imagination et mémoire relèvent de la même faculté, cette capacité des êtres humains à se reconnecter avec le passé, de se penser tels que des personnages du passé et la capacité de s'imaginer soi-même dans le futur, qui appartient au monde de la fantasie et qui est en lien avec la fiction... Selon les théories de Freud, lorsque nous nous rappelons des évènements autobiographiques nous ne nous souvenons pas d'un souvenir initial, mais il y a eu sur celui-ci des modifications et réactualisations; ce que nous découvrons dans les dernières recherches en neurologie, il n'y a pas de souvenir originel._

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l'essentiel de Rentrée littéraire 2013