Des soldats français qui violent des femmes Tutsi, ou les brutalisent, en pleine opération Turquoise (juin-août 1994), officiellement censée protéger les populations menacées.

C’est ce qui ressort du témoignage de trois Rwandaises, qui devaient être entendues cette semaine, aux côtés de leur avocate Me Laure Heinich-Luijer, par le juge d’instruction du Tribunal aux armées de Paris dans le cadre d’une plainte contre X pour "crimes contre l’humanité" et "participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime contre l’humanité". Une audition reportée à une date ultérieure.

C’est en avril 2011 que la décision d’instruire ces plaintes a été prise par le TAP, après un long cheminement judiciaire. Elles avaient été recueillies sept ans plus tôt, en 2004 au Rwanda, par un médecin français, Annie Faure, l’universitaire Assumpta Mugiraneza, et Vénuste Kayimahe, rescapé du génocide.

Benoît Collombat a pu consulter ces plaintes, particulièrement explicites. Et pour la première fois, ces plaignantes rwandaises acceptent de raconter ce qu’elles ont vécu...

Photo bandeau : Soldat français de l'opération Turquoise à la frontière zaïro-rwandaise en 1994 © REUTERS / Corinne Dufka

l'essentiel de Rwanda : des militaires français accusés de viol