Transférer des anticorps à des malades du Covid pour les guérir, c'est le principe du "plasma de convalescents". Un essai est en cours, mais avant même d'avoir les résultats, cette technique est utilisée avec succès déjà chez certains malades qui n'ont plus de défenses immunitaires.

Le principe : injecter du plasma, dit de convalescent parce qu'il a été prélevé chez des personnes guéries qui ont développé des anticorps
Le principe : injecter du plasma, dit de convalescent parce qu'il a été prélevé chez des personnes guéries qui ont développé des anticorps © Maxppp / IPA Agency / Carlo Cozzoli

L'essai Covisplasm est mené aux hôpitaux de Paris depuis le 7 avril dernier et repose sur le principe d'utilisation du plasma de convalescence dans l'espoir d'aider les organisme des malades à combattre le virus. Une stratégie déjà utilisée avec succès à l'Hôpital Saint-Antoine avec un certain type de malades. 

C'est grâce à un programme spécial "d'utilisation temporaire" que des patients ont pu bénéficier de cette technique. Elle consiste à leur injecter du plasma, dit "de convalescence" parce qu'il a été prélevé chez des personnes guéries qui ont développé des anticorps. 

Certains malades du Covid en avaient particulièrement besoin, parce que, atteints de leucémie, de maladies inflammatoires, ils sont obligés de prendre des traitements qui affaiblissent leur système immunitaire, celui-ci ne peut donc plus jouer son rôle de défense contre les virus. 

Guérison en quelques jours

Karine Lacombe, chef du service des maladies infectieuses de l'hôpital Saint-Antoine, a pris en charge ces malades. "On a constaté qu'un certain nombre de patients qui présentaient ces pathologies là, avaient acquis le virus et n'arrivaient pas à s'en débarrasser par manque de défenses immunitaires", explique le Docteur Lacombe. "En leur transfusant du plasma, donc en leur apportant des anticorps dirigés contre le virus, on est arrivés à les débarrasser du virus et à les guérir en quelques jours, alors qu'il étaient malades depuis plusieurs semaines. Donc on peut supposer que le plasma peut être une solution thérapeutique à ces patients qui, par ailleurs, n'avaient pas d'autre possibilité d'être traités pour être débarrassés du virus."

Les résultats sur des malades immunodéprimés sont encourageants : auparavant, ils n'arrivaient pas à se sortir de la maladie. Après trois semaines de recul, aucun n'a rechuté.

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