Les Molex retournent aux prud'hommes de Toulouse
Les Molex retournent aux prud'hommes de Toulouse © MaxPPP / Thierry Bordas

Les anciens salariés de l'usine de Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne) retournent aux prud'hommes de Toulouse ce jeudi. Avec un espoir : que leur ancien patron soit condamné pour "licenciements illicites".

C'est le dernier combat juridique des anciens Molex. Et c'est sans doute le plus symbolique. Ce jeudi, le tribunal des prud'hommes de Toulouse dira si oui ou non le licenciement des 283 salariés de l'usine française de connectique automobile était justifié.

Depuis le début, les ex-salariés sont convaincus du contraire. Il n'y avait "aucune justification économique", explique Me Jean-Marc Denjean, l'avocat des 190 Molex qui ont engagé une action contre leur ancien patron afin d'obtenir des indemnités (montant global : 22 millions d'euros).

Sur les 190 plaignants, seule une cinquantaine a retrouvé du travail. Reportage de Stéphane Iglésis.

L'usine était viable, assure l'intersyndicale de Molex France, qui avait réussi à repousser la fermeture de l'usine de Villemur-sur-Tarn d'octobre 2008 à octobre 2009. De nombreux élus l'avait soutenue dans son combat, à l'instar de Christian Estrosi, alors ministre UMP de l'Industrie, qui n'avait pas hésité à qualifier les dirigeants américains de Molex de "patrons voyous".

La responsabilité de la maison-mère américaine enfin reconnue

Depuis, plusieurs condamnations ont été prononcées. Les dirigeants français ont écopé de six mois de prison avec sursis pour "entrave au fonctionnement du comité d'entreprise". Leur tort ? Ne pas avoir pleinement informé les représentants du personnel sur leurs intentions, autrement dit la fermeture pure et simple du site.

En février 2013, la cour d'appel avait estimé dans un arrêt que la maison-mère américaine était "coemployeur" des salariés français.

Les anciens Molex espèrent aujourd'hui une même issue que chez l'équipementier automobile Continental, dont les dirigeants allemands ont été condamnés en août dernier pour "défaut de motif économique" après la fermeture de l'usine de Clairoix (Oise).

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