Le 7 février 1992, le traité de Maastricht est signé par douze Etats. Un projet aux ambitions radicalement nouvelles qui fonde l'Union européenne… et qui fait grincer des dents.

La Commission Européenne à Bruxelles
La Commission Européenne à Bruxelles © Maxppp / Jean-Luc Flémal

Le 7 février 1992, le traité de Maastricht était signé par les douze Etats membres de la Communauté économique européenne. il donnait naissance à l'Union européenne, dont il décrivait le fonctionnement et les objectifs, autour d'un marché et d'une monnaie unique notamment.

Critiqué dès le départ, il a divisé la classe politique française et alimenté un mouvement d’eurosepticisme qui n'a jamais flanché, et que la crise de l’euro, celle de la Grèce, la crise migratoire et le Brexit ont contribué à alimenter. Flashback.

L'impossible rigueur budgétaire

Le traité a instauré un code de conduite économique rigide pour ses membres. Il instaurait la limite de 3 % du produit intérieur brut (PIB) pour les déficits publics, et de 60 % du PIB pour la dette publique, notamment. Un préalable à la mise en place de l'euro, qui a fait long feu.

Aujourd'hui en France, la dette publique est de 97,6% du PIB, et le déficit de l'ordre de 3,5% du PIB. La crise financière de 2008, notamment, est passée par là.

Le budget de l'Etat, son déficit et Maastricht
Le budget de l'Etat, son déficit et Maastricht / INSEE

Des critères honnis

Les Français consultés par référendum ont voté oui à 51,04 % après une campagne intense de la part des tenants comme des opposants. A gauche, le Parti communiste, certains socialistes dont Jean-Pierre Chevènement et les écologistes se sont prononcés contre ce traité. A droite, une partie du RPR emmenée par Jacques Chirac et Édouard Balladur a fait campagne pour le oui.

Le débat qui marque les mémoires est celui de François Mitterrand face à Philippe Seguin.

Philippe Seguin dans son discours du 5 mai 1992 expliqua que :

Aucune assemblée ne peut déléguer un pouvoir qu’elle n’exerce qu’au nom du peuple ! ... L’Europe que l’on nous propose n’est ni juste, ni libre, ni efficace. Elle enterre la conception de la souveraineté nationale et les grands principes issus de la Révolution : 1992 est littéralement l’anti 1789.

Le débat culte entre Mitterrand et Seguin :

Valéry Giscard d'Estaing y tient toujours

En octobre 2014, encore, Valéry Giscard d'Estaing était l'invité de Patrick Cohen pour évoquer la situation de l'Union européenne et donner ses préconisations pour sortir l'Europe de sa crise institutionnelle et renouer avec l'idéal européen.

Jean-Luc Mélenchon a voté pour Maastricht mais après ça se complique

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