Les mesures prises en région parisienne pour contrer le pic exceptionnel de pollution représentent un surcoût chiffré à 4 millions par jour pour la Région.

Deuxième jour de circulation alternée mercredi dans Paris et 22 communes limitrophes
Deuxième jour de circulation alternée mercredi dans Paris et 22 communes limitrophes © Getty / Manuel Cohen

C’est une première en région parisienne et en France : la circulation alternée a été prolongée ce mercredi, pour tenter de ne pas aggraver le pic de pollution exceptionnel qui touche la capitale depuis la semaine dernière, le plus important et le plus long de ces 10 dernières années. Au vu des prévisions météo, l'épisode pourrait se prolonger jusqu'à la fin de semaine. Mais chaque nouveau jour fait monter la facture du dispositif.

Car la circulation alternée s’accompagne, comme en mars 2014 et mars 2015, où elle n’avait été mise en place qu’une seule journée, de la gratuité totale des transports en commun et du stationnement.

En mars 2014, le Président de la Région Île-de-France d’alors, le socialiste Jean-Paul Huchon, avait chiffré à 4 millions d’europar jour le coût de ces mesures : la Région, qui préside le Stif (Syndicat des transports d’Île-de-France), avait dû compenser les surcoûts chiffrés à 2,5 millions pour la RATP et 1,5 millions pour la SNCF. Dans ces sommes, on retrouve :

- Le manque à gagner lié à la gratuité, les tickets non achetés par les usagers qui n’ont pas de pass Navigo ;

- Les dépenses supplémentaires engendrées par l’augmentation du nombre de métros et trains mis en service, afin de transporter les franciliens qui laissent leur voiture au garage les jours de circulation alternée ;

- Les tarifs de péages non payés par ces mêmes automobilistes qui optent pour les transports en commun ;

- Les places de stationnement non payées dans les rues de la capitale ;

- La gratuité sur les Vélibs et Autolibs.

Ce coût total de 4 millions d’euros fait aujourd’hui référence: il est repris par la désormais présidente de la Région, Valérie Pécresse

Mais ce total est à prendre avec des précautions: c'est aussi un chiffre très politique, qui permet ensuite à la R2gion, comme en 2014 et 2015, de demander à l'Etat une aide exceptionnelle.

Les amendes ne compensent pas

La circulation alternée rapporte aussi (un peu) d’argent dans les caisses de l’Etat : en 2014, les milliers de contraventions dressées à des automobilistes qui n’avaient pas respecté la consigne ont généré 90 000 euros d’amendes. On et très loin de compenser les dépenses, d’autant que mardi, la Préfecture de police a expliqué qu’elle serait clémente avec les contrevenants, au moins tant que durait le blocage sur le RER B.

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