Le transporteur Mory Ducros, 5.000 salariés, a annoncé vendredi au cours d'un comité d'entreprise extraordinaire être en cessation de paiement et demande son placement en redressement judiciaire.

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Mory © Radio France

C'est l'un des dépôts de bilan les plus importants en France depuis celui de Moulinex en 2001 et il intervient dans un secteur en crise, quinze jours après celui de FagorBrandt.

Le transporteur a révélé aux représentants du personnel son état de cessation de paiement à l'occasion d'un comité d'entreprise extraordinaire. La société a confirmé avoir "décidé de solliciter auprès du Tribunal de commerce de Pontoise l'ouverture d'une procédure collective", signifiant, une procédure de redressement judiciaire.

Né de la fusion de Mory et Ducros l'an dernier, Mory Ducros emploie plus de 5.000 salariés dans 85 agences en France. Selon les syndicats, il fait en outre travailler 2.000 personnes en sous-traitance.

Pour la CFDT, premier syndicat dans l'entreprise, cette annonce "déclenche une nouvelle lutte pour l'emploi et une véritable course contre la montre devant le tribunal" afin de préserver "le maximum d'emplois possibles". Le syndicat avait affirmé mercredi craindre un "plan de restructuration considérable", de l'ordre de "2.000 à 3.000 suppressions d'emplois". La CFDT avait aussi évoqué le risque d'une "liquidation" de l'entreprise, "le pire scénario".

Mais pour le groupe, qui espère trouver un repreneur, il est "vraiment prématuré d'évoquer un nombre de suppressions d'emplois". Le dossier est suivi de près par Bercy. Mory Ducros fait partie des entreprises éligibles aux prêts d'urgence du "plan de résistance" économique annoncé par le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, il y a une semaine.

Le reportage de Marion L'Hour à Torcy

Le gouvernement a dit sa volonté de sauver le maximum d'emplois et de trouver des solutions "site par site".

Jean-Marc Ayrault a déclaré que le gouvernement rechercherait "toutes les solutions, site par site, avec les partenaires sociaux". "Là où nous pourrons trouver les repreneurs, tout sera fait pour sauver le maximum d'emplois. C'est un travail très difficile", a ajouté le Premier ministre.

Le ministre des Transports, Frédéric Cuvillier, a dit que l'Etat travaillerait au "maintien d'un niveau d'activité sur l'entreprise qui doit se traduire par la perspective du sauvetage de 2.000 emplois au moins".

Le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg a fait état de "manifestations d'intérêt", pour la reprise du transporteur. "Il y a des manifestations d'intérêt, mais pas de proposition exprimée", a dit le ministre, qui n'a pas donné plus de détails sur les repreneurs potentiels. Le but est de "faire en sorte que le repreneur (potentiel) reprenne le plus de sites possibles et les emplois qui y sont attachés", a-t-il poursuivi. "Des reprises locales, site par site, sont également une possibilité", a-t-il estimé.

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