En raison de la crise du Covid-19, le groupe SNCF a perdu "2 milliards d'euros de chiffre d'affaires", a détaillé son PDG, Jean-Pierre Farandou, invité de France Inter samedi. Il laisse entendre que des suppressions de postes sont envisageables "si la reprise est lente". Les syndicats s'y opposent fermement.

Le président directeur général de la SNCF, Jean-Pierre Farandou.
Le président directeur général de la SNCF, Jean-Pierre Farandou. © AFP / Eric Piermont

L'heure est pour l'instant à la réorganisation de l'entreprise et à un retour progressif à la normale. Préparation des wagons pour respecter la distanciation physique, organisation dans les gares, reprise du trafic, la SNCF se met en ordre de marche pour le déconfinement à partir du 11 mai. Mais le président du groupe ferroviaire garde, évidemment un oeil sur les répercussions financières de la crise sanitaire du coronavirus sur l'entreprise... Et elles sont importantes. Le groupe a perdu "à peu près 2 milliards d'euros de chiffre d'affaires", a expliqué sur France Inter Jean-Pierre Farandou, invité de On n'arrête pas l'éco samedi matin.  "Ce sont des chocs importants, mais la maison tient bien", ajoute-t-il. 

"Le moment venu nous en parlerons avec notre actionnaire principal qui est l'Etat. Il faudra qu'on en parle parce que les déficits se creuse et la dette va augmenter", laisse entendre le président de la SNCF. Jean-Pierre Farandou explique qu'il va "essayer d'amortir le choc au maximum"

Aide de l'État, suppressions de postes 

"Nous allons réduire les investissements, serrer les coûts de fonctionnement, jouer sur le fond de roulement. Le management va prendre les décisions normales de gestion de crise. Je crains que notre endettement soit trop important. Dans ce cas, il n'est pas anormal de se tourner vers son actionnaire, le nôtre c'est l'Etat, pour restaurer la balance de notre entreprise. Il n'est pas anormal de réfléchir à un plan d'aide pour la SNCF", poursuit-il. 

La question de la sauvegarde de l'emploi est "une vraie question" à laquelle M. Farandou assure avoir commencé à discuter avec les organisations syndicales. "Si la reprise est lente et que nous produisons moins de trains que par le passé, il ne sera pas anormal ou illogique d'ajuster le niveau d'emploi au volume d'activité", reconnaît le PDG du groupe ferroviaire. "Il est encore trop tôt pour calibrer les chiffres, mais la thématique est sur la table et nous l'examinerons le moment venu en toute transparence avec les organisations syndicales."

"Ce n'est pas aux salariés de payer la facture"

Le sujet est aussi sur la table pour la syndicats mais pas de la façon dont l'entend le PDG de la SNCF. "Il faut créer de l'emploi plutôt que d'en supprimer", juge Laurent Brun, secrétaire général de la fédération CGT des cheminots : "Pendant la période du confinement nous avons reporté un certain nombre d'opérations de maintenance de l'infrastructure, il va falloir reprendre ces activités repoussées et en même temps s'ajoutent à cela les injonctions de l'État (limitation de la fréquentation à l'intérieur des gares et des trains) et donc la nécessité de personnel pour la gestion des flux, le filtrage", explique-t-il à France Inter. 

"Diminuer le niveau d'emploi serait une erreur impardonnable", a estimé quant à elle la CFDT, dans un communiqué, disant s'opposer "à toute logique qui ferait payer la facture aux cheminots".  

"C'est l'Etat qui est à la manœuvre et force la SNCF à faire rouler des trains en dessous de leur seuil de rentabilité, donc au bout d'un moment l'Etat va devoir se rapprocher de la SNCF et de ses organisations syndicales pour voir comment il contribue à la facture. En aucun cas c'est aux salariés de payer la facture", a insisté sur franceinfo Eric Meyer, secrétaire fédéral de Sud Rail. 

"Pour que ça ne retombe pas sur les salariés, il faut se retourner vers notre État, actionnaire unique de la SNCF", affirme également Didier Mathis, secrétaire général de l'Unsa ferroviaire. 

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