Le crédit municipal de Paris cesse ses activités bancaires à compter de ce 31 décembre. Institution historique de la ville de Paris, l'ancien Mont-de-Piété va se recentrer sur son activité historique de prêteur sur gages.

Le Crédit Municipal de Paris s'est lancé dans la banque en 2005
Le Crédit Municipal de Paris s'est lancé dans la banque en 2005 © AFP / Thomas Samson

La fin de la banque du Crédit municipal de Paris était programmée depuis 2015, elle arrive définitivement ce 31 décembre. L’institution parisienne, installée rue des Francs-Bourgeois dans le marais, ferme sa filiale bancaire, CMP-Banque, en difficulté depuis plusieurs années. Une décision adoptée par le conseil de Paris en octobre dernier : "Les encours résiduels ou dernières créances vont être cédés à un nouvel acteur, Eos", explique la ville de Paris, unique actionnaire de cette banque.

En 2005, CMP-Banque était le nouveau volet de cet organisme fondé en 1637, surnommé "Chez Ma Tante", et initialement spécialisé dans le crédit sur gages, c’est-à-dire un prêt d’argent en échange du dépôt d’un objet de valeur, comme un bijou ou une œuvre d’art. Avec cette filiale bancaire, le Crédit municipal, anciennement connu sous le nom de Mont-de-Piété, se lançait dans de nouvelles activités, comme les Produits d’épargne, les comptes bancaires et surtout le rachat de crédits, qui consiste à regrouper plusieurs crédits en un seul pour réduire les mensualités. "CMP-Banque était précurseur en 2005 sur le marché de la restructuration de crédits pour les particuliers", selon la mairie de Paris.

Marché trop petit, concurrence trop grande

Pour la ville de Paris, l’enjeu était alors de s’imposer comme une banque sociale, "assurant des secours d’argent peu onéreux aux plus démunis". Une sorte de continuité pour un organisme qui s’est lancé dans les activités bancaires dès la fin de la Première Guerre mondiale, et est devenu en 1984 un établissement de crédit au regard de la loi.

Mais selon l’actionnaire, "il y a eu deux phénomènes simultanés" qui ont empêché CMP-Banque de prendre son envol : d’une part, un marché surévalué et donc "un nombre de clients moins importants que prévu", alors que le Crédit municipal avait embauché plus d’une centaine d’agents et ouvert des agences physiques dans la capitale. D’autre part, "les banques traditionnelles sont venues en nombre sur ce secteur" du rachat de crédits, selon Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la maire de Paris. La concurrence n’a pas laissé de place à cet acteur de taille moyenne.

42 millions d'euros de pertes

En 2013, la banque du Crédit municipal de Paris avait supprimé 12% de ses postes, soit 21 postes. Pour tenter de sauver sa filiale, la maison-mère avait accordé un emprunt de 10 millions d'euros. Sans succès : en 2015, après le départ de ses dirigeants, le Conseil d’administration avait acté la fermeture prochaine de cette banque. Les 125 agents concernés par la fermeture se sont tous vu proposer une solution de reclassement à la Ville de Paris ou au Crédit municipal, selon la mairie. D’après Le Monde, il n’en reste plus que deux à la veille de sa fermeture : les cadres dirigeants de CMP-Banque.

Avec la reprise des dossiers restants par Eos, organisme privé dépendant d’un groupe allemand, CMP-Banque ferme plus tôt que ne l’avaient prévu les membres du Conseil d’administration initialement. Mais pour la mairie de Paris, cette chute se chiffre à 42 millions d’euros.

Rien ne change en revanche du côté des activités traditionnelles du "Mont-de-Piété" : le lieu reste la référence pour celles et ceux qui ont un objet de valeur chez eux et un besoin d’argent. En tant qu’établissement de crédit, il conserve par ailleurs des activités d’ordre bancaire qui n’étaient pas agrégées au sein de CMP-Banque, notamment des produits d’épargne solidaire (livret solidarité, etc.), des microcrédits, et des services d’aide aux surendettés. Depuis le développement de ses services numériques (depuis 2018 il est possible de gérer son crédit en ligne), "Chez ma tante" reste une institution de référence pour les finances particulières à Paris.

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