Le gouvernement lance ce jeudi une "consultation publique" sur la réforme des retraites souhaitée par Emmanuel Macron, programmée en 2019. L'objectif est d'aboutir à un "système à points" tout en sauvegardant le fonctionnement par répartition : un équilibre que veut trouver Jean-Paul Delevoye, qui mène la concertation.

Manifestation en septembre 2017 à Montpellier contre la Loi Travail et les ordonnances Macron
Manifestation en septembre 2017 à Montpellier contre la Loi Travail et les ordonnances Macron © Maxppp / Guillaume Bonnefont

On connait tout de même les grandes lignes de la future réforme : elle était dans le programme présidentiel d'Emmanuel Macron, et Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire à la réforme, donne certaines lignes directrices ce jeudi dans Le Parisien, après plusieurs mois d'échanges avec les partenaires sociaux.

L'âge minimum de départ va-t-il changer ?

Logiquement, avec un système de retraites à points, c'est vous qui décidez : si vous avez accumulé assez de points, que votre retraite vous parait suffisante, vous pouvez partir. Ou choisir de rester plus longtemps pour augmenter votre retraite. C'est l'exemple donné par Jean-Paul Delevoye. Mais pour éviter que trop de travailleurs ne décident de partir avec de toutes petites retraites, le haut-commissaire juge qu'il faut un seuil, une référence d'âge en dessous duquel on ne peut pas partir... Et ce sera toujours 62 ans.

Un système par points, ça consiste en quoi ?

En gros, un actif cotise et accumule chaque année un certain nombre de points. Au moment de partir à la retraite, ce nombre total de points est converti en pension. La grande différence, c'est donc que le système s'appuie sur la durée totale de votre carrière. Jean-Paul Delevoye veut aller vers une convergence des taux, de rendement et de cotisation employeurs et salariés... Ce qui pose un certain nombre de difficultés, au vu des spécificités de certains régimes aujourd'hui.

Que vont devenir les régimes spéciaux ?

Il faut d'abord rappeler que ces régimes sont de moins en moins spéciaux, notamment la retraite des cheminots qui a beaucoup évolué ces dernières années. Les partenaires sociaux vont regarder les convergences possibles sur les 42 régimes spéciaux : certaines spécificités pourraient être maintenues, notamment pour les militaires, et les indépendants.

Quid des primes des fonctionnaires ?

Question importante parce qu'elles joueront sur le niveau de pension. Jean-Paul Delevoye affirme qu'elles seront bien intégrées dans le calcul.

Et les périodes de chômage, maternité ?

C'est l'un des sujets les plus complexes. Si l'on prend le cas d'une femme qui "achète" 200 points lors d'une année classique. Imaginons que l'année d'une maternité, elle ne puisse acheter que 100 points. Que se passe-t-il ? Le gouvernement sera-t-il dans une logique de minima pour octroyer des points de compensations ? Ou bien la solidarité nationale jouera-t-elle à plein, lui octroyant ce qu'il lui faut pour rester à 200 points sur l'année ? La question n'est pas tranchée. Ce qui inquiète les syndicats c'est que la solidarité nationale (qui avec un tel système doit être renforcée, selon eux) se heurte aux objectifs d'économies du gouvernement.

Y aura-t-il une part de capitalisation ?

Oui, mais seulement pour les plus gros salaires, au-dessus de 120 000 euros de revenus, 160 000 ou plus. Ça n'est pas encore arbitré.

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