Une personne sur quatre, en France, déclarait avoir été blessée au travail, au moins une fois au cours de sa carrière. C'est ce qui ressort de l'étude publiée ce jeudi par l'Insee, qui détaille la fréquence de ces accidents auprès des ouvriers, des artisans et des agriculteurs et en souligne les conséquences.

Rouleau d'acier et ouvriers dans une aciérie
Rouleau d'acier et ouvriers dans une aciérie © Maxppp / Dann Cortier

En 2013, 26 % des personnes en activité ou ayant travaillé déclaraient avoir eu au moins un accident du travail au cours de leur carrière, ayant entraîné une blessure. Des chiffres* de l'Insee qui ne prennent pas en compte les accidents survenus pendant le trajet pour aller ou revenir du travail.

Sans surprise, les accidents du travail concernent davantage les ouvriers (40 %) ou les agriculteurs (32 %) que les cadres (16 %), par exemple. En toute logique, les secteurs d'activité les plus concernés par ces accidents sont la construction, le transport, l'agriculture ou l'industrie.

Des situations qui touchent plus souvent des postes occupés majoritairement par des hommes : ces derniers sont 35 % à déclarer avoir été victimes d'un accident du travail, contre 18 % des femmes.

L'Insee relève assez logiquement le plus grand risque d'accidents pour les travailleurs qui bénéficient des conditions de travail les plus difficiles, comme des postures pénibles ou des mouvements fatigants (28 %) ou encore pour les personnes exposées à de fortes vibrations (38 %). Ainsi, plus les facteurs associés à des conditions de travail pénibles sont nombreux, plus le risque d'être victime de blessures est élevé.

Des séquelles parfois lourdes

Les causes des accidents varient en fonction de l'activité et de l'âge des travailleurs. Selon l'Insee, les plus jeunes se blessent davantage avec leurs outils de travail, quand les plus âgés font des chutes ou un effort excessif. C'est le cas en particulier dans le secteur de la santé ou l'action sociale, où la manipulation de personnes est en cause.

Si les blessures liées à une chute ou l'utilisation d'un outil peuvent être sans conséquence pour la suite de la carrière, c'est moins souvent le cas lorsqu'il s'agit de blessures causées sur le long terme, en raison d'une posture ou d'efforts excessifs répétés.

L'Insee note qu'un quart des personnes blessées dans un accident au travail estiment que le dernier accident les limite encore dans leurs activités quotidiennes : 8 % de manière "considérable" et 17 % "dans une certaine mesure".

*Chiffres issus du module complémentaire de l'enquête "Emploi 2013" sur les accidents au travail et les problèmes de santé liés au travail, mené auprès de 26 824 personnes.

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