Syndicats et patronat ont ouvert leur négociation sur le télétravail ce mardi. Le reconfinement a évidemment été au cœur des discussions et a confirmé l’urgence d’un accord interprofessionnel, au point de bousculer le calendrier de discussions.

Le calendaire de la négociation télétravail s’accélère : la prochaine réunion pourrait être conclusive
Le calendaire de la négociation télétravail s’accélère : la prochaine réunion pourrait être conclusive © Getty / kohei_hara

Le calendrier s’accélère. Face au reconfinement et à un télétravail censé être la règle, le patronat a proposé d’aller plus vite ce mardi matin. La deuxième réunion, prévue le 23 novembre, devra être conclusive. "Une négociation tunnel, anticipe un responsable syndical. Mais on est prêt à y rester toute la nuit. Vu le contexte, on a une obligation de résultat". Trois rendez-vous sont prévus d’ici là, les 10, 13 et 17 novembre. Et ce ne sera pas de trop, tant il n’y a pas unanimité sur le sujet. 

Il y avait encore 1,8 millions de salariés en télétravail en octobre, selon les chiffres de la la direction des études et des statistiques du ministère du Travail (Dares), et pour le patronat c’est autant de situations différentes. Il juge difficile de définir un cadre normatif, trop contraignant pour les entreprises. Tout l’inverse pour les syndicats, qui défendent un accord pour couvrir le plus de situations possibles.  

Un premier diagnostic

Après le confinement du printemps et la bascule brutale de millions de salariés en télétravail, les partenaires sociaux ont réussi à se mettre d’accord sur un diagnostic partagé sur le télétravail ; "dense, fouillé", reconnaissent la plupart des négociateurs. Mais les syndicats réclamaient la négociation d’un accord interprofessionnel. Le patronat s’est laissé convaincre, sous la pression du ministère. "On entre enfin dans le vif du sujet", se félicite Catherine Pinchaut de la CFDT.  

Une interprétation du 100% télétravail très variable 

La première réunion de négociation s’est tenue "dans un esprit constructif et responsable", a assuré Hubert Mongon, le négociateur du Medef. Elle a donc acté l’accélération du calendrier et a dessiné un plan en sept chapitres. Comment le télétravail doit-il s’intégrer à la stratégie de l’entreprise ? Quelle mise en place ? Quelle organisation ? Quelle formation pour les managers ? 

Le télétravail en temps de crise est abordé dans le 7e chapitre. Et plusieurs points durs ont déjà émergé, sur la question de la charge de travail, du droit à la déconnexion et surtout de la définition d’un poste éligible au télétravail. Comment la déterminer de manière intelligente ? Les négociateurs ne sont pas sur la même longueur d’onde. 

Et on le constate avec le reconfinement : le protocole sanitaire tel qu’il a été réactualisé sur le télétravail entretient le flou. "Il laisse libre cours à de nombreuses interprétations qui posent vraiment souci", confirme Catherine Pinchaut. "On ne peut pas rester dans une vision binaire. Mais il faut y réfléchir à froid. Il faut au minimum qu’il y ait une discussion, avec le CSE, sur ce qui est ou pas télétravaillable sur chaque poste". Pour le patronat, à l’inverse, cette définition doit rester à l’appréciation de l’employeur. Nouvelle réunion de négociation mardi prochain.